Vie de la société | - Myanmar

La vie au Myanmar

J'hésite à entrer dans la maison. Pourtant le chauffeur m'a bien signifié que j'étais arrivé et son uniforme ne permet aucun doute sur son apparte­nance à la compagnie. Mais voilà, les seuls bureaux de Total que je connaisse ont plutôt une allure de tour de Babel et se situent au lieu-dit «La Défense». Alors que là, perdue dans son jardin ver­doyant, la bâtisse a plutôt des allures de villa coloniale plantée au milieu d'un parc botanique.

Enfin j'entre. L'aspect extérieur m'avait bien trompé, je suis dans les bureaux de Total Myanmar et ce qui va me servir de bureau pendant quelques années devait être il n'y a pas si longtemps un salon ou une cuisine. Les bureaux installés à l'éta­ge dans les chambres ont même leur salle de bain privée, les chanceux. 

Pourtant, à bien y regarder, les maisons (nous sommes repartis dans les trois mai­sons) n'ont pas tant l'air de villa de vacances. Sécurité oblige les haies sont remplacées par des barbelés, les murs se hérissent de pics, et les maisons de gardes se transforment en tour de gardes.

Me voilà dehors, premiers contacts avec Yangoon : un jardin. Avec 5 mois de pluie par an, la ville peut être verte, en tout cas on n'a pas le sentiment d'étouf­fer : grandes avenues, encore peu d'im­meubles et de la verdure partout. Après Paris via Bangkok, ça fait du bien.

La comparaison avec Paris me fait avoir une pensée pour ceux qui ont subi un hiver qui ne voulait pas finir. Ici, les trente degrés se supportent bien, mais attention les mois d'avril et mai seront écrasants.

On a pourtant l'impression que Yangoon ne restera pas la calme et nonchalante qu'elle est aujourd'hui. Les immeubles poussent à la vitesse d'herbes folles et ils semblent rivaliser de hauteur. Le prix du plus laid n'a pas encore été attribué et il sera difficile à décerner.

Les voitures prolifèrent à une vitesse impressionnante, il faut peu à peu se réhabituer aux embouteillages. Ça n'est pas encore Bangkok mais ça va si vite... Ce qui va vite c'est aussi la façon de conduire des Birmans, les engins antédi­luviens font place à des voitures neuves et rapides, mais les Birmans ne savent pas mieux conduire pour autant. La route a parfois des allures de corrida, le piéton faisant office de toreador.

Le Myanmar s'ouvre et se développe donc. Total Myanmar y participe en déve­loppant le champs de gaz de Yadana (pierre précieuse en birman). Le gaz sera vendu aux Thaïlandais, mais apportera au pays des devises essentielles à sa survie.

Retour au bureau. Ou plutôt dans mon ancien salon. La vie commence tôt au Myanmar, mais finit tard chez Total. Bonnes journées donc, heureusement entrecoupées d'une «pause-café», déjà passée au stade de la tradition. Prononcé en birman, le mot ne manque pas de charme. Et le succès du rendez-vous contribue largement à l'intégration de tout ce monde. L'ambiance est en tout cas détendue. Le légendaire sourire birman ne fait pas défaut et paraît avoir tous ses effets sur les expatriés.

Le week-end, les activités culturelles étant rares, les loisirs seront sportifs : tennis, piscine, golf, kayak sur le lac, vélo... Cela fait beaucoup pour remplir un week-end déjà bien souvent amputé d'une demi journée de travail.

Le pays est beau, mais il faut prendre l'avion pour visiter les sites intéressants : Pagan et ses temples, Mandalay la chinoi­se, le lac Inye et son marché flottant, Ngapali et ses plages... Les destinations ne manquent pas. Mais l'état des routes rend les déplacements en voiture diffi­ciles et les environs de Yangoon ressem­blent un peu, rizières mises à part, au plat pays qui est le mien...

Si les week-ends sont en général bien remplis, il en est tout autrement des semaines pour les épouses. La commu­nauté française étant réduite (220 per­sonnes enfants compris), il y a encore peu de choses et il faut un solide équi­libre pour vivre ici sans travailler.

Heureusement les coupures d'électricité sont là pour égayer la vie et interrompre une routine qui menacerait de s'installer. Quelques soirées à la bougie contribuent largement à l'ambiance de famille et pourquoi pas, à terme, à son élargisse­ment. De plus quelques bières locales «Mandalay» rendront l'ambiance un peu plus euphorique.

De toutes façons, la mousson approche (juin) et avec elle la migration des expa­triés vers des climats plus cléments. Yangoon se vide mais les vacances ne durent pas 5 mois, Chacun aura sa part de pluies torrentielles et de ciel gris. Fini le sport, heureusement, reste le travail pour ne pas s'ennuyer.

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