Vie de la société | - Argentine

Reporter TV en Terre de Feu

De 1991 à 1994, j’ai eu la chance, à l’âge de 32 ans, d’être chef de district Terre de Feu dans l’extrême sud de l’Argentine. Là où l’audace et la témérité de Magellan firent un bond majeur au commerce mondial et à la navigation maritime au 16ème siècle. Total est en Terre de Feu depuis 1978 où ses travaux d’exploration se sont révélés positifs. Le premier projet développé s’appelait Hidra avec deux plateformes inhabitées à une vingtaine de kilomètres des côtes. Ce sont les plateformes les plus australes au monde. Nous, collaborateurs de Total, résidions sur une base à vie à Rio Cullen où nous vivions en rotation. Une ou deux fois par mois, des tankers venaient charger le pétrole que nous traitions dans une usine située sur place. Aujourd’hui, l’histoire de Total en terre de Feu continue avec, notamment, des champs gaziers comme celui de Vega Pléyade mis en production en 2016. Total réalise 30% de la production gazière de l’Argentine.

Au cours de cette expérience en terre australe, nous avons été sollicités en janvier 1993 par la télévision française pour que Total mette à sa disposition un hélicoptère pour filmer en direct le passage du premier concurrent du Vendée Globe au large du cap Horn. Il s’agissait de l’émission Thalassa couverte par le correspondant régional de France Télévisions. Amateur de voile, origines bretonnes obligent, et alors que le journaliste de France Télévision n’y connaissait pas grand-chose, je me suis retrouvé propulsé journaliste sportif en train de commenter la course. Je me souviens encore des paroles de mon « confrère » de circonstance : « Je sais que tu es breton, que tu connais la voile ce qui n’est pas mon cas, alors, je te propose de gérer cela avec Philippe Jeantot, le responsable du PC course ».

A partir de la dernière position du bateau connue, je me suis plongé dans la carte maritime des environs du Cap Horn pour estimer l’heure et la localisation précises de son passage. Pour rejoindre le lieu du survol du bateau, nous devions faire un ravitaillement en carburant pour partir avec le plein depuis l’extrémité la plus au sud possible. Alors qu’un pick-up chargé de bidons était parti devant nous, nous avons essuyé sur notre route la première tempête de neige de l’été... Heureusement, le ravitaillement a pu se faire. Les conditions météo étaient compliquées avec de nombreuses rafales de vent. L’hélicoptère a survolé la zone 10 minutes sans rien voir quand, tout à coup, une technicienne radio présente à bord a semblé distinguer un mouchoir blanc. C’était effectivement le bateau « Bagage Supérieur » d’Alain Gautier. L’excitation était à son comble à bord de l’hélicoptère. Le journaliste me donne la radio VHF et me dit de lancer l’interview avec celui qui sera le vainqueur de l’édition 92/93. 46 000 km réalisés en 110 jours ! Exténué, le skipper dormait et nous l’avons réveillé pour 10 minutes d’interview.

Le soir même, notre reportage passait au journal de 20 h de France Télévision. Des amis ont appelé ma femme en lui disant : « On croyait que ton mari était chez Total ; on découvre qu’il est journaliste ! »

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