Exploration - Production | - Qatar

Inaugurer les premiers méga trains de GNL, c’était comme d’envoyer une fusée sur la lune !

J’ai été détaché de Total à la direction opérations de Qatargas OPCO. Nous étions environ 1 800 employés sur site à Ras Laffan sur les 3 000 que comptait Qatargas. Cela regroupait de nombreuses divisions, de l’engineering au chargement des méthaniers en passant par la production de GNL ou la maintenance. Il fallait faire le lien avec tous les projets : les phases de construction des trains de GNL (unités de liquéfaction) ou celles des facilités associées comme les pipelines et les bacs de stockage. Je suis arrivé en septembre 2009,  Qatargas 2 avec son premier méga train 4 venait d’être lancé en mars avec une capacité de liquéfaction de huit millions de tonnes de GNL. Il faut rappeler qu’avec Ras Gas, ce furent les premiers trains de cette taille au monde et ils n’ont toujours pas d’équivalent aujourd’hui en 2018 !  Les premières mondiales se succédaient, tout était surdimensionné et n’avait jamais été réalisé auparavant.

Inaugurer les premiers méga trains de GNL au monde, c’était comme d’envoyer une fusée sur la  lune !  Pour le premier train, en mars 2009, six mois avaient été nécessaires pour stabiliser la production et charger le premier méthanier. J’ai participé au lancement du train 5 de Qatargas 2 en septembre 2009 et nous avions tant appris des imperfections du premier méga train qu’il ne nous a fallu que cinq semaines pour charger le premier méthanier ! Nous avons donc restreint le temps de commissionning et surtout le volume de gaz perdu lors du démarrage. Il faut savoir que pour le train 4, Exxon avait torché l’équivalent d’un million de tonnes de GNL pendant les six premiers mois.  Pour nous, ce fut donc un vrai succès. Pour le lancement, nous étions une équipe pluridisciplinaire d’environ 150 personnes.  Ensuite, les choses se sont succédé : inauguration du train 6 de Qatargas 3 en novembre 2010 et du train 7 de Qatargas 4 en janvier 2011. Ces trains faisaient un kilomètre de long, rien à voir avec les trains de la génération précédente qui ne faisaient « que » 300 mètres et qui produisaient trois millions de tonnes de GNL chacun! A un moment, il y avait plus de 120 000 personnes réparties sur les différents projets de Ras Laffan. Un chantier pharaonique. J’ai aussi eu la chance de recevoir un certain nombre de visiteurs de marque, comme le ministre français, Eric Besson, les dirigeants de Total, certains partenaires et clients japonais qui ont visité le site et une équipe de France 2 pour tourner le reportage « A quoi joue le Qatar ? ». Qatargas était un véritable étendard pour le Qatar.  Avec Technip, nous  avons mis en avant le savoir-faire français.

Au quotidien, mon travail se répartissait en quatre tâches : business management (budget, plan long terme, benchmarking mondial), allocation de la production (volume, qualité, gestion des off-spec), storage & loading et appel sur garanties. Les productions, dont la qualité pouvait varier d’un producteur à l’autre, devaient être rééquilibrées entre les différents joint-ventures, onze au total. Tout était contrôlé par un millier de compteurs et capteurs installés sur le site. En charge du stockage et du chargement commun du GNL, des condensats, du souffre et des GPL (butane et propane), nous devions nous assurer que chaque producteur allait recevoir des revenus équivalents à la qualité des produits qu’il a envoyés. Certains de ces produits sont saisonniers, la demande en gaz naturel est plus forte en hiver et son prix est donc moins cher l’été.  Nous devions adapter les programmes de maintenance de façon à maximiser la production d’octobre à mai. Le premier ministre britannique a ainsi déclaré que si le Qatar n’avait pas augmenté ses livraisons de gaz pendant l’hiver très rigoureux de 2010-2011, il y aurait eu potentiellement jusqu’à 30 000 décès dus au froid au Royaume-Uni.  

Concernant les appels sur garanties, nous devions constituer des dossiers de réclamation en cas d’équipements défectueux, suivre les réparations et s’assurer que tout est en bon ordre avant de libérer les garanties bancaires. Les sociétés françaises Technip et japonaise Chyioda ont fait l’engineering et la construction sur le site et avaient fait appel à de nombreux sous-traitants plus ou moins sérieux. Certains équipements étaient de vraies premières mondiales de par leur taille et nous avons eu, par exemple, des problèmes récurrents de vibration.

En arrivant à Doha, j’avais un background « business » et je n’étais pas issu d’un univers technique. Pendant ces quatre années, j’ai beaucoup appris et j’ai dû faire ma place dans un environnement très concurrentiel de « secondees » et acquérir la confiance  des dirigeants qatariens. Cela reste pour moi une  expérience exceptionnelle.

One Total, our values
Pioneer Spirit, Performance-Minded

Comments

To comment this testimonial, please connect or create an account.

Would you like to share your experience in connection with this testimonial ?

Complete this testimonial

You have helped shape the History of TOTAL ? Take part in our testimonial gallery !

Take part in the testimonial gallery