Angola - GIRASSOL

En 1996, Girassol constitue la première découverte majeure effectuée sur le bloc 17. Tout juste cinq ans plus tard, en 2001, le champ produit sa première huile. En un mois, sa production atteint 100 000 barils/jour et, en moins de six semaines, grimpe à 200 000 barils/jour.

Girassol

 

Cette performance est rendue possible par la mise en œuvre de moyens de développement importants et, pour certains, très en avance sur leur temps. À titre d’exemples, deux navires de forage à positionnement dynamique – le Pride Africa et le Pride Angola – sont construits ; une nouvelle technique de puits horizontaux est mise en œuvre afin d’en optimiser la productivité et de réduire le nombre de puits à forer ; de nouveaux outils destinés à réaliser les connexions sous-marines ; de nouvelles tours risers dotées d’une isolation thermique sont utilisées pour la première fois sur Girassol afin de remonter la production depuis le fond de la mer jusqu’au FPSO. Elles constituent indéniablement une des innovations majeures de Girassol qui valent à Total le prix de l’Offshore Technology Conference en 2003.

 

Girassol

D'une superficie de 14 km x 10 km, Girassol est le premier gisement du bloc 17 à entrer en production, le 4 décembre 2001. Il constitue également le premier projet en eaux profondes mené en Angola.

 

Les moyens de développement de Girassol

Le schéma de développement de Girassol fait appel à :

  • 39 puits sous-marins dont 23 puits producteurs,

  • 45 km de lignes de production,

  • 29 km de lignes d’injection,

  • 70 km d’ombilicaux.

Construites et assemblées sur le site de Soyo, au nord de l’Angola, les lignes de production – soit 8 bundles d’une longueur de 800 à 2 900 m – sont remorquées au fond de l’eau jusqu’au site de Girassol, distant de 200 km, puis positionnées et raccordées aux équipements de production. Ces opérations, réalisées avec une précision chirurgicale par 1 400 m d’eau et une pression supérieure à 150 bars, constituent une prouesse technique rendue possible par l’utilisation de balises acoustiques et de robots télécommandés depuis la surface.

Par ailleurs, afin de maintenir la température de l’huile à 40 °C, l’empêchant ainsi de se figer dans les conduites par une température de 4 °C seulement au fond de la mer, les lignes de production sont entourées d’une mousse isolante, de type synthétique. En effet, la maîtrise de l’écoulement continu de la production est un défi majeur du projet qui a entraîné l’adoption d’un concept de boucles de production destinées à prévenir la formation de paraffine et d’hydrates, grâce à l’isolation thermique des lignes de production et également à l’utilisation de racleurs.

umbilical

Ombilical : Assemblage de tubes d’acier et/ou de canalisations hydrauliques, de câbles électriques et de fibres optiques. Ce type d'assemblage est utilisé pour le contrôle des installations sous-marines.

 

Les tours risers de Girassol

Tout le génie de ces structures est de fournir à la fois l’isolation thermique recherchée ainsi qu’une flottabilité à l’ensemble du système. Après avoir été remorquées depuis le site de construction de Lobito jusqu’au champ de Girassol, ces tours sont positionnées en quelques heures seulement grâce aux capteurs de position dont elles sont équipées. Une fois en position verticale et raccordée à une ancre à succion, chaque tour riser est maintenue en position grâce à la flottabilité apportée par le flotteur de tête et par la mousse synthétique.

 

tour riser

La tour riser développée pour la mise en production de Girassol est une des innovations qui valent à Total E&P Angola le prix de l'OTC en 2003. Fort de cet acquis, la filiale poursuit son effort de développement technologique avec de nouveaux risers flexibles de production pour Dália. D'une longueur de 1 650 m et d'un poids de près de 800 t, ils atteignent un diamètre externe record de près de 60 cm. Ils ne comportent pas moins de onze couches destinées à assurer la circulation des fluides, l'isolation et la résistance mécanique de la structure. L'innovation la plus marquante est l'intégration d'un système de gas lift constitué de 24 lignes alimentant six points d'injection en pied de riser pour une capacité globale d'injection de 800 000 m3 de gaz par jour.

 

 

ancre à succion

Utilisée par l’industrie pétrolière offshore, une ancre à succion se présente sous la forme d’un tube d’acier obstrué à une extrémité et ensouillé verticalement dans le fond marin, l’extrémité ouverte dirigée vers le bas. La pénétration se fait tout d’abord sous l’effet de la masse propre de l’ancre – plus de 60 tonnes pour une ancre de 20 m de haut x 4 m de diamètre. Puis un véhicule sous-marin téléguidé est utilisé pour pomper l’eau restant dans la partie non enfoncée de l’ancre et, par succion, terminer son ensouillage. L’intérêt de ce type d’ancre est d’offrir la stabilité d’une ancre de plusieurs centaines de tonnes, sans avoir à manipuler de telles charges à bord des navires d’installation.

 

 

flotteurs

Des flotteurs de 40 mètres de haut et de 8 mètres de diamètre maintiennent les tours risers en tension verticale.

 

remorquage Girassol

Assemblées sur la chaîne de production du site de Lobito, les tours risers sont préparées au remorquage et à l'installation sur le site de Girassol. à l'embouchure du fleuve Zaïre, les bundles de production sont préparés à un lent et délicat remorquage jusqu'au champ de Girassol.

 

Le FPSO Girassol

Le champ Girassol pose d’emblée la difficulté de démontrer la pertinence du nouveau concept de grand FPSO, capable de traiter plus de 200 000 barils/ jour, soit toute la production du champ. Il s’agit en particulier de démontrer la fiabilité et la viabilité économique de ce type de base flottante, par 1 400 m de profondeur d’eau, raccordée à des têtes de puits sous-marines et à un réseau de collecte apte à fonctionner au minimum 20 ans. Une base flottante capable d’abriter le procédé de séparation et de traitement de chacun des effluents – gaz, eau, huile – afin de les mettre aux spécifications commerciales ou environnementales, selon qu’on souhaite les commercialiser, les réinjecter dans le réservoir ou les rejeter.

 

Girassol

« Premier FPSO du Groupe, Girassol allait intégrer une multitude d’innovations dans un délai qui reste à battre à ce jour. » Pierre Bang, chef de projet du FPSO Girassol de 1997 à 2001.

 

Girassol illustre également l’application d’une politique d’hygiène-sécurité-environnement répondant à cette préoccupation primordiale du groupe Total : des audits sont menés auprès des chantiers de construction en Angola (à Lobito et Soyo) et en Corée du Sud (où est construit le FPSO Girassol) ; des responsables de la sécurité sont nommés au sein de chaque équipe de projet, site par site, afin de vérifier que les fournisseurs de premier rang et leurs sous-traitants répondaient aux normes de sécurité imposées par Total en matière de prévention, de préparation aux situations accidentelles et de formation de l’ensemble des personnels concernés. En outre, une démarche systématique de compte rendu d’accidents et d’amélioration des mesures de prévention continue d’être appliquée en phase de production. À toutes les étapes du projet, des études d’impact environnemental sont réalisées, en mer comme à terre, par des consultants spécialisés tandis que des plans d’urgence sont élaborés en cas de déversement de pétrole en mer. Par ailleurs, Total E&P Angola mène en collaboration avec l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) une campagne océanographique de trois ans, destinée à inventorier et analyser la vie sous-marine à grande profondeur afin d’évaluer l’impact potentiel de l’exploration-production de pétrole sur les écosystèmes benthiques.

 

Evacuation

Des exercices réguliers d'évacuation sont effectués à bord des bateaux utilisés pour l'installation des équipements de production sur les champs.

 

Ecosystèmes benthiques

Ensemble des organismes aquatiques vivant à proximité du fond des mers et des océans, par opposition aux écosystèmes pélagiques, constitués d’organismes qui occupent la tranche d'eau supérieure.

 

En matière de réduction de l'empreinte environnementale de l'exploration-production, le groupe Total amorce le déploiement sur le bloc 17 d’un ensemble de mesures, en mer comme à terre. En particulier : la réinjection du gaz afin d'éliminer le torchage et de valoriser les ressources énergétiques, l'utilisation de boues de forage à l'huile minérale de faible toxicité, le traitement des déblais pour éliminer la boue de forage résiduelle ou encore la récupération de l'énergie calorifique des turbines et leur réutilisation dans divers procédés mis en œuvre sur les FPSO.