Angola - Pazflor

Au second semestre 2011, soit à peu près en même temps que celle de GirRI, intervient la mise en huile de Pazflor, troisième développement du bloc 17 après Girassol et Dália. Le nom de Pazflor (ou fleur de la paix en portugais) est choisi en hommage aux accords de paix signés en Angola en 2002, mettant fin à plus de deux décennies de conflit armé.

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Pazflor est non seulement le symbole d'une ère nouvelle, mais aussi celui d’une complexité nouvelle liée à la présence de deux huiles différentes dans les divers réservoirs de Pazflor, l’une (lourde et visqueuse) datant de l’oligocène sur Acácia et l’autre (plus fluide) du miocène sur Hortênsia, Perpétua et Zínia. Pour les extraire, Total E&P Angola développe une nouvelle fois des technologies innovantes consistant à placer sur le fond marin, par 800 m d’eau, trois unités de séparation gaz/liquide positionnées à l’aide de véhicules télécommandés équipés de bras manipulateurs. Le gaz, de faible densité, remonte dans une ligne spécifique, les liquides étant pompés par une pompe haute pression qui les remonte au FPSO où les huiles des différents réservoirs sont mélangées après avoir été séparées de l’eau. Démontrant une nouvelle fois la capacité d’innovation mobilisée par le groupe Total, cette technologie, qui représente une première à une telle échelle (220 000 barils/jour dont 150 000 du miocène), est consacrée par un prix de l’Offshore Technology Conference en 2013, dix ans après le prix obtenu par Total E&P Angola pour les innovations majeures de Girassol.

 

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L'innovation déployée par le groupe Total sur Pazflor est saluée une deuxième fois en 2013, à l'occasion de l'Offshore Technology Conference de Houston, tout juste dix ans après le prix obtenu par le Groupe pour Girassol.

 

Pazflor : les données clés

  • Situation: 150 km au large des côtes angolaises
  • Superficie : 600 km2
  • Réservoirs : oligocène (Acácia) et miocène (Hortênsia, Perpétua et Zínia)
  • Nombre de puits : 49
  • Profondeur des puits : 3 900 m
  • Pression : 350 bars
  • Unités de séparation sous-marines : 3 unités
  • Plateau de production : 220 000 barils/jour
  • Capacité de stockage : 1,9 million de barils
  • Nombre d'heures travaillées : 17 millions
  • Investissement : 9 milliards de dollars

 

 

La chronologie du projet

  • Décembre 2007 : lancement du projet
  • 2008 : ingénierie de détail et démarrage des fabrications
  • Janvier 2009 : première découpe de l’acier de la coque du FPSO
  • Mars 2009 : début de la campagne de forage sur site avec le rig Pride Africa
  • Février 2010 : livraison de la première unité de séparation sous-marine et des premiers arbres de Noël
  • Août 2010 : lancement de la campagne d’installation sous-marine par le Agercy Polaris et le Agercy Legend
  • Décembre 2010 : installation des trois unités de séparation sous-marines
  • Premier semestre 2011 : arrivée du FPSO Pazflor sur site

 

Une complexité nouvelle

Le projet Pazflor constitue une première dans l’histoire de l’industrie pétrolière à plusieurs titres : il est le premier à opérer, depuis un même FPSO, deux systèmes de production sous-marins différents, l'un pour une huile datant de l’oligocène et l’autre pour une huile du miocène. Il est également le premier à mettre en œuvre des unités sous-marines de séparation de l’huile, de l’eau et du gaz. Le champ Pazflor est en effet constitué de quatre réservoirs de turbidites de l’époque tertiaire d’architecture complexe et de périodes différentes. Les huiles qui en sont extraites sont de caractéristiques différentes. S’y ajoute l’enfouissement à grande profondeur des réservoirs, faisant de Pazflor un véritable défi pour les équipes de géosciences du groupe Total et pour les équipes chargées du forage des puits.

 

La capacité d’innovation

Le groupe Total sait répondre au défi que représente le développement du projet Pazflor – et ce dans un calendrier très serré – notamment par le biais d’un partenariat avec l’Institut français du pétrole et l’université britannique de Cranfield pour la mise au point des trois unités sous-marines de séparation de l’huile, de l’eau et du gaz. Elles constituent alors un système sous-marin unique au monde pour ce type d’opération. Autre innovation, de nouvelles lignes flexibles d’export du brut du FPSO Pazflor vers la bouée de chargement : conçues et validées en collaboration avec l’université de Clermont-Ferrand, ces lignes flexibles d’export Trelline permettent de réduire significativement les efforts mécaniques exercés au niveau des accroches du FPSO et de la bouée, contribuant à la robustesse du système sur le long terme.

 

Turbidites : Roches sédimentaires mises en place à la suite d'un écoulement de sédiments le long d'une pente sous-marine ou sous-lacustre.

 

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La construction du plus grand FPSO au monde a nécessité 25 millions d’heures de travail sur deux ans.

 

Pazflor, c’est un développement d’une complexité inédite, mais c’est aussi le nom d’un FPSO d’exception, d’un géant, le plus grand FPSO au monde. Sa conception bénéficie dès l'origine du projet de l'expérience acquise par le groupe Total sur Girassol. Construit aux chantiers navals d'Okpo, en Corée du Sud, le vaisseau nécessite 25 millions d'heures de travail sur deux années, mobilisant simultanément jusqu'à 4 500 personnes. 39 000 t d'équipements de superstructures lui permettent d'assurer le prétraitement des huiles datant, pour l’une, de l’oligocène, et pour l’autre, du miocène.

 

Un FPSO d’exception

  • Longueur : 325 m
  • Largeur : 61 m
  • Poids : 120 000 t, dont 39 000 t de superstructures
  • Capacité de production : 220 000 barils/jour
  • Capacité d’injection d’eau : équivalent de 382 000 barils/jour
  • Capacité d’entreposage : 1,9 million de barils
  • Capacité de compression de gaz : 4,3 millions de m3/jour
  • Effectif à bord : 140 personnes

 

Poursuivant avec volontarisme la politique du Groupe Total en matière de HSE, Total E&P Angola réalise sur Pazflor de nouvelles avancées dans ce domaine, ramenant par exemple le nombre d’accidents avec arrêt de travail au-dessous de 0,40 par million d’heures travaillées, grâce notamment à une sensibilisation des contracteurs aux risques liés aux opérations de levage et aux travaux en hauteur. Quant au volet environnemental, la minimisation de l’impact des opérations de production de Pazflor est le fruit d’une série de mesures : réinjection dans les réservoirs du gaz produit ou exportation vers l’usine de liquéfaction de Angola LNG (supprimant ainsi le torchage en conditions normales d’exploitation), récupération de la chaleur des fumées d’échappement en sortie de turbines et recyclage des gaz d’évent des cuves (limitant les rejets de gaz à effet de serre), réinjection dans les réservoirs de 80 % des eaux de production, etc.

Par ailleurs, Total E&P Angola intensifie sa politique d’accroissement du contenu local de ses activités – pour un total de 3,4 millions d’heures de travail (hors forage) – ainsi que ses actions de formation de personnel angolais et de soutien au développement économique et sociétal du pays. La filiale inaugure ainsi en 2008 le nouveau centre de formation Pazflor, destiné au transfert de savoir-faire de l’entreprise, et confie des responsabilités de haut niveau à des ingénieurs de Sonangol. S’agissant de l’aide au développement, elle déploie dans les provinces de Bengo, Malange, Luanda Norte, Moxico et Uige un programme visant à abaisser significativement la mortalité infantile et maternelle, jusqu’alors parmi les plus élevées au monde.

 

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 Pazflor, ce sont 180 km de pipelines et 84 km d'ombilicaux, nécessaires pour assurer les raccordements sur une étendue record de 600 km2. Leur fabrication est confiée à l’entreprise angolaise Angoflex.

 

Accroissement du contenu local

Sur Pazflor, Total E&P Angola associe au projet quatre grands chantiers angolais : Sonamet et Angoflex à Lobito ainsi que Spool Base de Dande et Sonils à Luanda. C’est ainsi qu’est assemblée sur le sol angolais une multitude d’équipements tels que les manifolds, les pipelines, les jumpers et spools, 64 km d’ombilicaux, 24 arbres de Noël, la bouée de chargement, 24 têtes de puits ou les fondations des équipements sous‑marins de production. De même, l’héliport, les ancres, les gardes d’atterrissages, les amarres, les bouées de chargement ou les lignes d’exportation sont produits localement.

 

Jumper : Conduite de courte longueur (flexible ou rigide) utilisée pour raccorder une conduite à une structure sous-marine ou pour connecter deux structures sous-marines proches l'une de l'autre. 

Spool : Conduite de courte longueur connectant une conduite sous-marine et un riser, ou une conduite et une structure sous-marine. 

Christmas tree: A  Ensemble de vannes permettant d'extraire les hydrocarbures d'un puits et d'y injecter les composés nécessaires à son maintien en bon état.