ANGOLA - ROSA

Dès le 18 juin 2007 éclot Rosa, la 3ème fleur du bloc 17. Découvert au mois de janvier 1998 par plus de 1 200 m d'eau, le nouveau champ voit son développement lancé en 2004, avec un programme de forage engagé au mois de décembre 2005. « Moins important par la taille que ses voisins Girassol et Dália, Rosa n’en demeure pas moins un champ majeur du bloc 17 dont le développement économique constitua un véritable défi pour Total E&P Angola. La solution retenue – un développement sous‑marin des réserves de Rosa avec raccordement au FPSO Girassol, dont la capacité de production fut augmentée pour l’occasion – permit d’optimiser les investissements déjà réalisés sur le bloc 17 et de réduire ainsi les coûts de production. » précise Jean-Pierre Dordan, le directeur du projet.

Rosa, c’est en quelque sorte le champ high-tech du bloc des Fleurs, le projet de toutes les premières, dont l'intérêt économique et industriel est de contribuer à maintenir le plateau de production du FPSO Girassol, pourtant distant d’une quinzaine de km, à un niveau de 200 000 barils/jour.

 

ROSArosa

Rosa : les données clés

  • Situation : 135 km au large des côtes angolaises, à environ 15 km du FPSO Girassol
  • Profondeur d’eau : 1 350 m
  • Découverte : janvier 1998
  • Première huile : juin 2007
  • Réserves estimées récupérables : environ 370 millions de barils
  • Nombre de puits : 25 dont 14 de production et 11 d’injection d’eau
  • Plateau de production : 145 000 barils/jour
  • Longueur des lignes : 64 km de lignes de production et 40 km de lignes d’injection
  • Poids des superstructures ajoutées au FPSO Girassol : 5 600 t
  • Investissement : 2,5 milliards de $.

 

Pour cela, 64 km de lignes de production fortement isolées pipe in pipe sont mis en place ainsi que 40 km de lignes d’injection d’eau reliant Rosa à une tour riser d’un concept innovant et d’une hauteur dépassant 1 200 m, destinée à assurer la liaison fond-surface et à remonter le brut jusqu’au FPSO Girassol, auxquels sont ajoutées 5 600 t de structures et équipements nouveaux.

Le projet Rosa se singularise non seulement par de multiples innovations techniques, mais également par un accroissement significatif des retombées économiques locales du projet et plusieurs premières dans le domaine de l’environnement, comme la réinjection dans les réservoirs de l’eau de production de Rosa, de Girassol et de Jasmim – sans rejet à la mer – ainsi que l’inertage et la récupération des effluents gazeux des citernes du FPSO.

 

Pipe-in-pipe: Les conditions de pression et de température qui règnent à grande profondeur sont susceptibles de déstabiliser à tout moment le niveau de production, donc l'économie de l'exploitation, en perturbant l'écoulement des fluides vers le FPSO. Prévenir la formation d'hydrates capables de boucher les tuyaux pendant le transport du brut sur une quinzaine de kilomètres entre les têtes de puits et le FPSO est donc un enjeu crucial qui suppose la mise au point d'une technologie adaptée, appelée pipe in pipe. Celle-ci consiste à créer des lignes constituées de tubes (pipes) concentriques séparés par un matériau isolant ainsi qu'un vide poussé (à 10 millibars), l'assemblage étant assuré à l'aide de joints modelés par pression.

 

Les retombées économiques locales de Rosa

Trois grands sites bénéficient principalement du projet Rosa en Angola :

  • Soyo, où Petromar réalise l'assemblage et les essais des manifolds ainsi que des MSS, la préfabrication des lignes de production et d'injection ainsi que l'assemblage de la tour riser ;
  • Lobito, où Sonamet fabrique des sous-structures ou des guides d'installations de modules ainsi que des modules complets ;
  • Luanda, où Portumo préfabrique les éléments de structures de renforcement et de supportage de nouveaux équipements ainsi que la tuyauterie d'interconnexion, et où FKI/Friedlander réalise la fabrication et les essais des plaques de bases et des jumpers.

Au total, le projet de développement de Rosa se traduit par 3 millions d'heures de travail pour les chantiers de construction et bases logistiques en Angola.

 

Pendant deux ans environ, les travaux de développement de Rosa – qui représentent notamment 3 millions d'heures de travail en mer – mobilisent sur site près de 400 personnes tout en étant conduits de manière à créer le moins d’interférence possible avec la production de Girassol, à l’exception de quelques arrêts programmés. Ils font du projet l’un des plus exigeants en termes de contraintes de précision et de sécurité, du fait du maintien en exploitation de Girassol à plus de 200 000 barils/jour.

 

FPSO

Dans un projet tel que l'installation de modules complémentaires sur un FPSO, la tombée de la nuit n'arrête pas les opérations, dès lors que la météo et l'état de la mer sont propices. Car chaque heure compte, dans un enchaînement de manipulations complexes et coûteuses, en vue d'une mise en production des champs au plus tôt.

 

ROSA

225 km de conduites et d’ombilicaux relient entre eux les différents équipements sous-marins de Rosa.

 

Les contraintes de précision de Rosa

Les équipes de conception des sept modules – d’une masse de 200 à 1 800 t chacun – ajoutés aux équipements existants sur le FPSO Girassol, portent une attention toute particulière à leurs dimensions, de sorte qu’ils puissent s’implanter dans les emplacements disponibles sur le pont du FPSO. De leur côté, les équipes de levage font montre d’une dextérité hors pair pour déposer, avec parfois moins de 50 cm de jeu, ces énormes modules sur le pont d’un vaisseau par définition instable, puisque flottant. Pour cela Total E&P Angola fait appel à la plus grosse barge du monde, équipée de deux grues de levage de 7 500 t chacune ! En outre, l’acheminement de la tour riser sur le site se révèle une opération particulièrement délicate, car sa perte en chemin contraindrait Total E&P Angola à en fabriquer une autre, retardant d’au moins deux ans la mise en production de Rosa.