Chine

CN
1979
Entrée de la Chine dans l'exploration offshore

Le Groupe est entré en Chine à la fin des années soixante-dix, Total et Elf sont associés pour des opérations amont avec des participations croisées dans les golfes de Bohai et de Beibu. A cette époque, la Chine est en train de s’ouvrir au monde. La situation difficile qui a succédé à la mort de Mao et de Zhou en Lai (1976) change. Les « quatre modernisations » sont engagées par Deng Xiao Ping. A ce moment précis, même si cela peut paraître curieux aujourd'hui, la Chine est le deuxième exportateur de brut de l’Asie. Elle a développé des gisements de pétrole dans le Shengli et surtout dans la région de Daqing : en 1979, la production du pays plafonne à 106 MT/an (presque dix fois plus qu’en 1965).  La consommation est de 91 MT : le pays est engagé depuis une dizaine d’années dans des contrats d’exportation avec le Japon, la Corée du Nord, les Philippines, la Thaïlande. Ces exportations peuvent se faire en devises, mais aussi contre des produits, des technologies, … dans le cadre d’accords de compensation.

 

1979 - 2019

Le brut, la Chine en a besoin pour ses modernisations. C'est ainsi en valeur le deuxième poste d’exportations (12% du total) après les textiles. Mais les Chinois se rendent bien compte que la croissance économique dont ils rêvent sera gourmande en énergie, notamment en carburants. Sur les bases des années soixante-dix, ils ne sont pas certains de pouvoir et conserver leurs exportations et produire pour leur marché intérieur les quantités nécessaires. Il leur faut produire davantage et ils pensent entre autres à l’offshore ; ils ont besoin des savoir-faire occidentaux. D’où des démarches faites auprès des dirigeants des pays et des compagnies disposant des technologies et de l’expérience nécessaires. Ils ont commencé par les entreprises pétrolières japonaises, qui se sont regroupées dans le cadre de la Japan-China Oil Development, qui a démarré des opérations dans le golfe de Bohai (1980). C’est dans ce contexte qu’Elf et Total ont été sollicitées, au même titre d’ailleurs que les compagnies américaines.

Elf a reçu un permis de 9 400 km2 dans le golfe de Bohai et la CFP 10 200 km2 dans le golfe de Beibu, avec la garantie de pouvoir accéder au brut.  Les deux compagnies françaises ont des intérêts croisés dans ces deux permis. Elles devront supporter 49% des coûts totaux. Les résultats seront décevants sur Bohai, qui fut rendu en 1984 ; en revanche, de l’huile fut découverte dans le golfe de Beibu ; le développement de ce champ compliqué fut décidé et donna lieu à une production qui atteignit 10 500 barils par jour en 1986. Total en fut l’opérateur jusqu’en 1988 avec 14,7% d’intérêt. Parallèlement, le Groupe est entré sur un permis opéré par Oxy dans la zone de la Rivière des Perles (1983), mais les travaux ne furent pas fructueux et Total en sortit en 1986. Total s’engage aussi à la fin des années quatre-vingts sur plusieurs contrats d’assistance technique pour améliorer la récupération du champ de Yanling dans le Hebei, pour établir un diagnostic sur l’exploration du gaz à Daqing ou dans le Qinhai. Mais c’est davantage vers l’aval que les deux groupes vont désormais avancer. Un marché prometteur, quoique compliqué, semble s’ouvrir dans ce pays dont la croissance explose et où le raffinage est encore grandement obsolète et donc dans l’incapacité d’apporter les produits dont le besoin se fait grandissant.

En 1987, Total signe un accord d’assistance technique pour la construction d’une usine d’hydro-traitement de paraffines dans la région de Shanghaï avec l’IFP et Technip ; puis la même année Totalgaz s’engage sur un contrat pour un centre emplisseur de GPL avec la municipalité de Shanghaï. En 1988, Elf Aquitaine signe un accord avec Sinopec dans les lubrifiants. En 1991 Total s’associe à hauteur de 20% avec PetroChina et Sinochem pour construire une nouvelle raffinerie à Dalian (dans le Liaoning), dont une partie de la production pourra être destinée à l’exportation ; cette raffinerie sera mise en service en 1996. Elf était aussi en pourparlers pour construire une nouvelle raffinerie à Shanghaï, mais y renonce en 1995. En 1991, Elf signe un accord triennal avec Sinochem, qui est, à l’époque, plus avancé que ses concurrents nationaux dans la production et le commerce des productions pétrochimiques. Car c’est dans le domaine des spécialités pétrolières et chimiques que le futur groupe Total va affirmer progressivement son intérêt pour la Chine.

En 1993 Total signe avec un partenaire chinois un accord pour vendre des GPL. Le Groupe cherche aussi à implanter un réseau de distribution de carburants et s’engage avec Sinochem. Coates crée une JV avec un partenaire chinois et devient le N°1 des encres d’imprimerie dans le pays (1993). Elf Aquitaine crée une filiale pour produire des additifs plastique (1993). Hutchinson s’implante à Wuhan, dans le désir d’accompagner Citroën en Chine (1995) et s’associe avec Dong Feng. En 1996 Total accélère dans les GPL (création d’un dépôt à Yantai et d’une société à Shenzen) et Elf introduit ses lubrifiants. Coates construit sa première usine en Chine à Guangzhou, tout comme Sigma. En 1997, Elf s’engage aux côtés de Shanghai Pacific Chemical à construire une usine d’hydrates d’hydrazine. Hutchinson met en service une usine d’extrusion de caoutchouc l’année suivante, puis ouvre un centre de recherches. La même année, Total inaugure un centre de blending à Zhenjiang.