Vie de la société | - Algérie

1er mai 1971, le tournant à Hassi Messaoud

Le 24 février 1971, toute la direction générale de Neuilly était présente pour la réunion technique annuelle. Monsieur Jean d’Herbes et l’ensemble des cadres attendaient le discours du Président Boumediene qui devait faire une annonce qui allait changer bien des choses : la nationalisation de la CFPA. D’un point de vue opérationnel sur Maison Verte (quartier d’habitation des ingénieurs à Hassi Messaoud), rien n’avait changé, tout le personnel continuait à travailler comme s’il ne s’était rien passé. C’est à partir du 1er mai que tout a basculé.

Le samedi 1er mai à minuit, on m’appela d’urgence à la base pour une réunion exceptionnelle dans les bureaux de la CFPA avec les responsables Sonatrach ( la société nationale algérienne ). Cette réunion ne concernait que les responsables algériens du pétrole.

On nous annonça « demain les salariés de Total doivent partir, ils n’ont plus le droit de se rendre à leur bureau ». Le ciel nous était comme tombé sur la tête. Le lendemain, nous assistâmes au chargement des véhicules à la base. Le dimanche à midi toutes les familles étaient parties.... Ma femme, enceinte, pleurait à chaudes larmes. Un foreur, revenant du désert dans le cadre d’une mission, fut fort surpris par le départ de tout le monde, il ne comprenait pas ce qu’il se passait !

Je dus rester car je ne pouvais pas partir. En effet, pour les algériens il me fallait une autorisation de sortie que j’ai eu peine à obtenir.

Le champ continua à tourner au jour le jour...

Quelques mois plus tard, après des négociations, la répartition des champs de forage fut de 51% pour la Sonatrach et 49% pour Total. Certains employés de Total sont alors revenus, une équipe à Alger et quelques ingénieurs dont Bernard Vitry et Michel Naylies. À Hassi Messaoud d’autres salariés m’ont rejoint afin de gérer l’unification des champs nord et sud, sous la direction de Namik Gamgit, un algérien alors Directeur production de SN REPAL qui gérait la partie sud du champ d’Hassi Messaoud. CFPA étant en charge d’Hassi Messaoud Nord.

Nous avons travaillé ensemble durant deux ans sur tout le champ d’Hassi Messaoud alors unifié et tous les champs de gaz ou d’huile qui se trouvaient dans un rayon de 200 km.

« Maison Verte » est restée magique, à tel point que les salariés venus du sud ou d’Alger ont souhaité y habiter. Les infrastructures comme la salle des cadres étaient toujours présentes. D’ailleurs, il a fallu se battre pour la préserver puisque à leur arrivée, les anglais se sont plaints de ne pas pouvoir y manger.

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