Exploration - Production | - Angola

Avec Girassol, tout change

Pour Elf, l’Angola marque les débuts de l’exploration et de la production en grande profondeur. Pour la première fois, nous allions chercher et extraire du pétrole à des profondeurs abyssales. Par 3000 mètres de profondeur dont la moitié dans l’eau.

L’histoire commence dans les années 1980. Avec l’assentiment de Sonangol, l’entreprise publique pétrolière angolaise, Elf décide d’explorer dans les eaux maritimes proches des côtes, au débouché de l’estuaire du Zaïre. Cette première incursion en mer porte ses fruits puisque de belles découvertes d’huile, connues sous leurs beaux noms d’antilopes Palanca, Pacassa, Cobo... sont faites au sein du bloc 3.

Au cours des années 1990, nous envisageons d’explorer encore plus loin vers l’Ouest des côtes, en grande profondeur, par plus de 500 m d’eau. A l’exception de quelques compagnies américaines dans le golfe du Mexique, l’offshore profond reste encore très confidentiel. Dans le golfe de Guinée, il n’y a eu que quelques lignes sismiques éparses, mais pas un seul puits. Pour Elf, c’est une première qui va poser de nombreuses questions géologiques et technologiques, sans réponses évidentes au moment où la décision est prise de se lancer. Est-ce techniquement possible de développer dans ces profondeurs ? Peut-on y trouver des séries sédimentaires favorables d’un point de vue géologique et pétrolier, en particulier suffisamment de roches mères et d’enfouissement ? Est-ce que des réservoirs existent aussi loin des continents ?

Pour le savoir, nous commençons par tirer des sismiques 2D qui fournissent des indications plutôt positives. Elles révèlent que le bassin sédimentaire présent sur le bloc 3 se poursuit loin des côtes et même s’épaissit pour sa partie la plus récente. Quant à la présence possible de réservoirs, ce sont les « résultats » des compagnies de télécommunications qui nous éclairent. Les câbles téléphoniques sous-marins subissent souvent des ruptures, même par grande profondeur, dont on a compris qu’elles résultent du passage et de la sédimentation de courants riches en graviers et sables venus du continent sous l’effet de tempêtes, de séismes, de tsunamis. Des paquets de sables, transportés loin des côtes, pourraient donc tapisser les grands fonds. Ce phénomène, dit de courant de turbidité, nous interpelle. Ne se reproduit-il pas depuis des millions d’années ? Et qui dit dépôts sableux, dit peut-être réservoirs éventuellement imprégnés d’huile. C’est ainsi que nous identifions sur la rare sismique des indices prometteurs. D’abord, nous localisons des systèmes chenalisés, sorte de fleuves sous-marins qui pourraient être constitués de grandes épaisseurs de sables et cela à des centaines de mètres des côtes, loin des embouchures de fleuves et des plages ... Surtout, ces chenaux sableux pourraient abriter des réservoirs. Reste juste à le vérifier et à savoir s’ils sont pleins... d’huile.

En 1992, Sonangol attribue quatre blocs aux compagnies pétrolières. Nous serons opérateur du bloc 17, Shell du bloc 16, Exxon du bloc 15. Que du beau monde ! Nous commençons par acquérir une sismique 2D à maille serrée qui précise assez vite nos intuitions : l’enfouissement est très important, les séries sédimentaires tertiaires prometteuses en réservoirs et des pièges existent surtout dans la zone avec les plus grandes profondeurs d’eau. En 1994, nous forons donc le premier puits (Margarita) à 1 000 mètres de profondeur d’eau. Ce forage met à jour des réservoirs sableux et un peu de… gaz, mais pas d’hydrocarbures liquides. Elf prend alors la difficile décision de céder une partie de ses intérêts et BP répond favorablement et très rapidement. Nous sommes tous un peu étonnés de réussir à vendre un permis avec un puits sec à un major... Mais les financiers sont très contents ! BP le sera très bientôt...

Cette vente va permettre de financer un autre forage : celui de Girassol. Encore plus loin à l’ouest et encore plus profond. Et là, c’est bingo ! En avril 1996, nous découvrons, dans des puits réservoirs identiques à ceux de Margarita, des hydrocarbures liquides dans des quantités phénoménales. Entre 700 millions à 1 milliard de barils comme le démontreront la sismique 3D et les puits d’appréciation ! Encore faut-il être capable de produire ces puits dans des conditions aussi extrêmes qu’inédites. Grâce à leur ingéniosité et à leur audace, les équipes d’ingénierie et de production réalisent une prouesse technique et logistique encore inimaginable quelques années auparavant pour réussir à opérer sur un champ si éloigné des côtes, et dans des eaux si profondes. Résultat, en décembre 2001, un peu plus de 5 ans seulement après la découverte, Girassol entre en production. Prévue pour 20 ans, la production devrait durer au moins 30 ans grâce aux innovations techniques et aux découvertes réalisées sur les prospects voisins. Et la belle aventure a continué - pas un puits sec pendant 10 ans - avec Dahlia, Jasmin, Cravo, Perpetua, Hortensia... Des noms de fleurs qui nous ont porté chance. Avec plus de 4 milliards de barils découverts, le bloc 17 est le Golden Block ! Du coup, nous nous retrouvons face à une province pétrolière mondiale très riche, même si 4 milliards de barils ne représentent qu’une petite part de la consommation mondiale proche de 35 milliards de barils par an.

Girassol a tout changé pour Elf. Cette découverte l’a fait entrer dans le club très fermé des compagnies pétrolières de l’ultra grand fond et l’a rendue très désirable. Comment était-il possible de résister à une si belle mariée ? Quelques mois avant l’entrée en production de Girassol, le mariage entre Total et Elf était consommé !

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