Exploration - Production | - Algérie

Des débuts d’ingénieur-inventeur

Après l’obtention de mon diplôme d’ingénieur, j’ai rejoint la Compagnie Française des Pétroles au Sahara en février 1966. J’ai fait mes « classes » sur le terrain ou plus exactement sur un appareil de forage (appelé « RIG » dans le jargon), car j’avais opté pour l’activité forage. J’ai ainsi enchaîné pendant plus d’une année les postes d’ouvrier de surface, d’ouvrier de plancher, d’accrocheur, de second, de maître sondeur et de chef de chantier. Le métier m’est « entré » littéralement par les pieds. J’ai dirigé ensuite des opérations de forage à l’étranger en Abu Dhabi, puis en Ecosse, puis j’ai animé la filière forage, de 1976 à 1980, au siège parisien, en tant que Directeur Forage du Groupe Total pour le monde entier. En 1980, je suis passé à la direction de Filiales d’exploration/production, comme la Chine.

Lors de ces premières années au forage, j’ai pu satisfaire mon goût pour inventer et développer de nouvelles technologies car, à l’époque, nous avions des appareils de forage en propriété, ce qui permettait de mettre au point et de tester des idées sur site.

Dès ma première mission, j’ai été chargé d’optimiser les performances de forage de la filiale. Avec mon collègue Jacky Cortes, nous nous sommes intéressés aux outils de forage au diamant. En coopération avec la société belge Diamant Boart, nous avons développé dans les années 60 l’outil à lames diamantées commercialisé sous la marque LX et toujours utilisé en 2019. Alors que les traditionnels outils tricônes s’usent rapidement et que le train de tiges doit être remonté puis redescendu toutes les 10 heures environ, notre outil à lames diamantées pouvait forer plus longtemps, plus vite et réaliser des « passes » de forage de plus de 800 mètres. Récemment, j’ai encore utilisé un outil diamant de ce type dans la Meuse, pour une petite compagnie pétrolière dans laquelle j’ai des participations.

Son succès et ses nombreuses déclinaisons ont rapporté de substantielles royalties à Total tout en optimisant les performances de forage.

Après mes débuts à Hassi Messaoud en tant qu’ingénieur techniques Forage en 1966 et la nationalisation de la CFP-A par les autorités algériennes début 1971, j’ai rejoint le siège parisien où, après avoir recasé les personnels forage de CFP(A) pour lesquels le Groupe n’avait pas de postes disponibles, j’ai coordonné les études pour la conception et la construction d’un navire de forage à positionnement dynamique répondant au nom de Pélican. Une première technologique française. Capable de se déplacer rapidement, ce bateau, opérationnel dès 1972, était particulièrement adapté aux opérations de forage dans les mers difficiles et par grande profondeur d’eau. Le navire Pélican était ainsi capable de forer sous 300 mètres d’eau jusqu’à plus de 7 000 mètres dans l’Arctique notamment. Quant au Pèlerin, la version suivante, il pouvait explorer sous plus de 1 000 mètres de profondeur d’eau.

 

Après la nationalisation de nos activités algériennes et faute de poste disponible dans le Groupe, ma direction m’a proposé le job de « Drilling Superintendant » au sein de l’Abu Dhabi Petroleum Company Ltd. Détaché par Total, j’y suis resté de 1971 à 1975, années au cours desquelles j’ai mis en place un service de forage alors que l’activité passait de 1 à 9 RIGs. J’ai participé en étroite coopération avec la Société de Forage française FOREX, au développement d’un système de déménagement de RIG optimisé. Au lieu de démonter intégralement l’appareil de forage pour le remonter ensuite, celui-ci était transporté en deux ou trois blocs grâce à des remorques équipées de roues de 3,5 mètres de diamètre. De 7 jours initialement, son transfert ne durait plus que 24 heures ! On économisait ainsi du « temps » de RIG précieux.

 

A ces débuts sahariens, largement occupés par la mise au point de nouvelles techniques, ont succédé 20 années passionnantes pendant lesquelles j’ai porté, comme tant d’autres, le drapeau de Total à travers le monde, en Abu Dhabi, en Mer du Nord, en Chine et en Argentine.

One Total, our values
Sécurité, Esprit pionnier, Goût de la performance, Force de la solidarité

Commentaires

Pour commenter ce témoignage, connectez-vous ou créez un compte.

Vous souhaitez partager votre expérience en lien avec ce témoignage ?

Compléter ce témoignage

Vous avez également contribué à l’Histoire de Total ? Partagez votre témoignage !

Participer à la galerie de témoignages