Exploration - Production | - Qatar

En 2002, nous avons atteint un pic de production à 52,637 barils d’huile par jour !

En 2000, j’arrivais de Port Harcourt (au Nigéria) pour prendre le poste de Drilling & Wells Manager à Doha. Quand j’ai été nommé, je ne pouvais pas situer le Qatar sur la carte du Moyen-Orient ! C’était une destination méconnue à l’époque. Nous étions une petite filiale dans un pays qui commençait à se développer. La fusion entre Elf et Total était en cours et Patrick Pouyanné était le MD en place. Nos bureaux étaient situés sur le C-Ring, loin de West Bay, le quartier actuel des affaires. Dès mon arrivée, en mai 2000, j’ai été plongé dans les opérations avec un jack up de forage travaillant sur Alkhalij (2 workovers pour changement d’ESP (Electrical Submersible Pump = pompe centrifuge immergée), 1 side-track et un puits d’appréciation foré vers le Nord du champ (ALK-NE, futur ALK19), puits sur lequel nous avons pu tester avec succès une solution innovante à l’époque (première descente d’un Rotary Steerable System (RSS) au Moyen Orient), nous permettant de forer un puits horizontal de plus de 4,8 km de long (déport entre la tête de puits et le bout du drain). Ensuite, à partir de 2001, nous avons réalisé la phase 2 du développement du champ d’Alkhalij (dont les réservoirs sont toujours difficiles à interpréter) et lancé la phase 3 début 2004 sur la partie Nord du champ (extension justifiée par les résultats du puits ALK-NE).

Au cours de ces 4 ans (2000 – 2004), l’équipe Forage Puits n’était constituée que de cinq personnes en base à terre (un ingénieur forage, un superintendant forage, un ingénieur fluide & ciment, un logisticien et moi) et de deux superviseurs sur chaque rig de forage. Si peu de personnes pour réaliser une vingtaine de puits avec deux appareils de forage travaillant en parallèle! Nous avons mis en place des techniques de drains horizontaux et, à l’époque, c’était novateur en termes de longueur de drain en particulier dans cette partie du monde. Nous faisions des drains de 2,5 kilomètres, que nous devions ensuite tuber, cimenter, perforer et stimuler afin d’obtenir une productivité maximale pour chaque puits. En 2001, ENI/AGIP, qui détenait une participation sur Al Khalij, s’est retiré : nous étions alors les seuls concessionnaires du champ. Le 14 mai 2002, la production a atteint un pic à 52,637 barils d’huile par jour ! Cela ne s’est jamais reproduit !

En parallèle des opérations, nous avons fait un peu d’ingénierie de puits et imaginé des complétions intelligentes (permettant d’optimiser la production de chaque couche de réservoir au moyen de « flow control valves » (FCV)) et des complétions avec double ESP (« dual ESP ») afin de fiabiliser la production. C’est l’équipe suivante qui les a descendues avec succès. Au cours de ces 4 années intenses, nous étions, c’est vrai, absorbés par le travail mais je n’en garde que de bons souvenirs : une excellente équipe, soudée, presque une famille ! Le reste du temps, nous avions une vie équilibrée dans nos familles respectives. Personnellement, j’ai pu un peu jouer au golf, nous assistions souvent à des compétitions sportives (tennis, football) et nous passions quelques week-ends à camper en Mer Intérieure, quand les opérations le permettaient. Cette première expatriation a duré quatre ans, entre 2000 et 2004. Ma famille a été très heureuse à Doha et en 2012, on m’a proposé le poste d’Operations Manager (Vice-President Alkhalij Asset). Ce retour à Doha un 31 juillet 2012, de nuit a été un choc ! Largué par le taxi devant l’Intercontinental en plein West Bay, j’étais perdu et ne retrouvais plus mes marques…  Les bureaux avaient changé (Al-Fardan Tower) et la filiale avait fortement grossi. Heureusement, je retrouvais quelques visages connus : Sheela, Abdullah Mosen, Pradeep, Dekhil Abusalaa, Camilo, Rayees, Uma, Iman, etc. J’ai pu constater avec fierté que les puits que j’avais forés lors de mon premier séjour étaient toujours en activité et malheureusement comprendre qu’on n’arriverait jamais à battre le record de production de 2002 à cause de l’eau (le BSW, Base Sidements and Water, avait considérablement augmenté entre 2004 et 2012 …). En revanche, les équipes de l’Asset ont été capables de combattre le déclin naturel du champ et de maintenir une production constante de 23,000 bopd sur 3 ans, sans incident HSE notable : chapeau bas et merci encore pour ce succès ! Un petit souvenir en passant, lié aux CoDir filiale de cette période : un team-building particulièrement efficace, réalisé sur trois jours à Doha et qui a permis de souder l’équipe de direction, de manière redoutable, autour de Stéphane Michel (puis de Guillaume Chalmin). Nous ne craignions plus personne après ! J’ai encore passé trois années merveilleuses au Qatar aussi bien d’un point de vue professionnel que familial.

 

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