Exploration - Production | - Nigéria

Fructueuses explorations au Nigéria

Le Nigéria, ce grand pays d’Afrique, a marqué ma carrière d’explorateur et de géophysicien. Grand, ce pays l’est par sa superficie, sa démographie, la diversité de sa culture et la richesse en pétrole de ses bassins sédimentaires. Depuis les premières découvertes réalisées dans les années 50, le Nigéria a toujours connu de nouvelles campagnes d’exploration, plus au large, plus profondes. Souvent fructueuses. Pour Total, tout a commencé à terre avec la découverte du champ d’Obagi dans les années 60. Depuis, le Groupe s’est régulièrement positionné dans de nouveaux domaines, assurant le relais de cette première production dans le delta du fleuve Niger. J’ai eu la chance d’y contribuer en travaillant sur des projets d’exploration en offshore conventionnel entre 1991 et 1994, puis en deep offshore de 2003 à 2006. Deux expériences fructueuses où nous étions, à chaque fois, à la pointe des technologies utilisées, tout particulièrement de l’outil sismique.

En 1991, je débarque donc au Nigéria pour ma première expérience opérationnelle à l’étranger dans un contexte d’exploration très dynamique. Les découvertes s’y enchainent avec notamment les succès d’Amenam et d’Ofon sur des permis pris en offshore conventionnel à la fin des années 80. A cette époque, les communications avec le siège depuis Lagos sont difficiles et nous travaillons en relative autonomie - et avec des outils innovants pour l’époque. Pour le jeune ingénieur géophysicien que je suis, la période est enthousiasmante. J’ai pour mission d’apprécier Ofon, un gisement subtil dont il était difficile de comprendre l’extension réelle. Cette époque est celle des premières grandes 3D d’exploration et des premières stations d’interprétation sismiques sur écran. Bien qu’encore lentes, celles-ci génèrent de précieuses cartes d’amplitude, source d’indications de l’extension des réservoirs. Ces cartes nous renseignaient notamment sur la présence de turbidites, ces corps sableux étroits et longs de plusieurs kilomètres, susceptibles d’être des réservoirs de pétrole. Ces cartes débouchent sur l’implantation de douze puits d’exploration et d’appréciation sur la zone ; 10 seront des succès conduisant à la décision de développement du champ d’Ofon. En raison de la subtilité du piège, il nous faudra encore des années pour révéler toute la richesse de ce champ complexe qui, en 2018, demeure un fleuron de Total Nigeria. Quand j’ai quitté la filiale en 1994, les réserves d’Ofon faisaient une centaine de millions de barils, celles-ci sont maintenant évaluées aux alentours de 500 millions de barils.

En 2003, je suis revenu au Nigéria pour continuer l’exploration qui, cette fois-ci, se déroule dans des eaux beaucoup plus profondes, sur des permis pris lors de mon premier séjour. Les réservoirs que nous explorons sont similaires à ceux d’Ofon, ce sont toujours ces turbidites qui font aussi la richesse du Groupe dans d’autres contrées, comme l’Angola. Plus au large, ils se trouvent dans des contextes de pressions plus importantes et leur alimentation en hydrocarbures est plus complexe. Ces permis en offshore profond avaient déjà révélé quelques pépites comme Usan et Akpo. A proximité de ce dernier, nous avons découverts les gisements d’Egina et Egina South, situés entre 1500 et 2000 mètres de profondeur d’eau. Malgré certaines analogies géologiques avec la zone d’Ofon, nous étions confrontés à des difficultés nouvelles. Ici, par exemple, la prédiction des pressions dans les réservoirs, qui conditionne fortement les programmes de forage et donc leurs coûts, a constitué un challenge majeur. La sismique 3D était aussi de qualité très variable et sur certaines zones traquer les réservoirs était un réel défi.

Depuis ma première expérience sur Ofon, les technologies d’acquisition, de traitement et d’interprétation sismique avaient considérablement évolué et la génération des cartes d’amplitudes ou d’autres attributs du signal était devenue une pratique basique. Ces progrès étaient la conséquence directe de l’évolution des puissances de calcul et de visualisation graphique. Mais si la technologie est essentielle, elle ne donne cependant pas toutes les réponses et même en la poussant jusqu'à ses limites, elle ne donne qu’une vision partielle de la réalité géologique. Parfois une carte d’amplitude, très similaire à une autre, donnera un résultat géologique très diffèrent…

L’exploration reste un métier de passion, où se mêlent la rigueur analytique et la gestion des incertitudes, l’intuition et l’expérience. C’est un domaine riche d’histoires, d’aventures que l’on se transmet. Un puits d’exploration sec, même si c’est toujours une déception, est rarement un coup pour rien ; il est source d’enseignements pour la suite. Il est courant qu’un scénario d’exploration débute par deux ou trois puits secs ou décevants avant de déboucher sur des découvertes majeures. C’est d’ailleurs ce qui s’était passé au Nigeria sur les permis en offshore conventionnel et deep offshore sur lesquels j’ai eu l’occasion de travailler durant mes deux séjours. A l’image de la découverte d’Amenam en 1990, faite peu de temps avant mon arrivée dans ce grand pays pétrolier. Mais c’est une autre (belle) histoire que certains, j’espère, pourront raconter sur WikiTotal.

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