Exploration - Production | - Algérie

Jean Riemer, blessé à Hassi Messaoud

27 juillet 1956 – en Algérie. Le  pétrole jaillit pour la première fois sur le champ d’Hassi Messaoud, où opèrent conjointement la CFP-Algérie (filiale de la CFP, futur groupe Total) et la SN Repal (filiale du BRP, futur groupe Elf).

Agé de 28 ans, Jean Riemer, est depuis 4 ans maître foreur à Hassi Messoud pour la SN Repal.

Le jaillissement soudain et non préparé du pétrole donne lieu à un embrasement immédiat et à une explosion. Jean Riemer, en short et torse nu – comme la plupart des hommes travaillant sur le chantier,  plonge dans la fournaise et ferme à toute allure les vannes spéciales de la tête de puits. Il est atrocement brûlé. Il mourra quelques semaines plus tard à l’hôpital, des suites de ses  brûlures.

Une inscription sera apposée à l’emplacement de ce premier puits « puits Jean Riemer ».

« Il est 4 h 30 du matin, le vendredi 27 juillet 1956. Le camp dort dans la paix d'une aurore naissante ; soudain des cris retentissent, une rumeur sourde qui gagne, enfle peu à peu, me réveille, je sors dans la clarté diffuse du petit jour, encore vaguement inconscient. Bien qu'ils n'aient point encore exercé d'action dans le Sud, je crois aussitôt à une attaque du camp par une bande de fellaghas.

Au détour d'une allée, vacillant, un homme vient vers moi : ma stupeur est grande car je crois reconnaître Riemer avec qui j'ai soupé et plaisanté hier soir, un Riemer fantomatique, métamorphosé : « Tu ne me reconnais pas, dit-il, un accident vient d'arriver, une explosion, nous sommes brûlés ».

Nous courons aussitôt avec Jean à la cantine, soutenant notre camarade hébété et titubant. Hernandez, notre infirmier, est là ; il me confie que nous avons peu de morphine et que viennent d'arriver deux autres hommes du poste, brûlés eux aussi superficiellement mais largement. Après l'explosion, une flamme s'est élevée du plancher entourant ceux qui étaient là, les léchant cruellement. Malencontreusement, certains de ceux-ci se sont roulés dans le sable d'une barkhane* proche pour tenter à la fois d'éteindre ce feu et de se soulager de la brutale morsure au contact du sable frais… »

La suite de ce témoignage se trouve dans le document PDF ci-joint, article issu de Rahla, Bulletin de l'Amicale des Sahariens, 1975

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