Exploration - Production | - Soudan du Sud

La belle épopée au Sud Soudan

Nous sommes en 2005. Au Soudan, la guerre civile s’est achevée... Du moins temporairement. Nous décidons de reprendre les négociations avec toute une équipe menée par Jérôme Roux pour obtenir les droits d’exploration du Bloc B au Sud Soudan auprès des autorités de Khartoum. Un bloc de 120 000 Km2 sur lequel nous détenons des titres. Si nous avons rapidement un accord de principe, les choses sérieuses ne font que commencer. En effet, la donne a changé puisque que le Soudan n’est plus « UN ». Après cette réunion avec les autorités de Khartoum, nous sommes dans l’obligation de voir celles du Sud-Soudan, considérées comme des rebelles, pour les informer que Total est en possession de titres miniers.

Avec Jacques de Boisséson et Jean-Michel Salvadori, nous nous rendons à Nairobi pour établir un premier contact avec des adjoints du chef rebelle sud-soudanais. Si l’entrevue est positive, ces derniers ne manquent pas de nous reprocher que nous les avons laissés tomber au cours de ces années de conflit. Cette réunion en terre kenyane n’est qu’une étape pour être autorisé à parler au nouvel homme fort du Sud Soudan : John Garang. La rencontre est organisée dans une petite ville inconnue dont nous n’avons que les coordonnées GPS et que nous atteignions à bord d’un petit avion spécialement affrété. Nos espoirs tomberont à l’eau puisqu’après plusieurs heures d’attente dans cette ville du bout du monde, John Garang ne nous recevra pas. Nous ne le verrons jamais puisqu’ il décèdera dans un accident d’hélicoptère quelques mois plus tard.

Cette déconvenue ne nous décourage pas. Bien au contraire ! Nous optons pour une autre stratégie. Celle de la présence locale en continu. Nous décidons de nous implanter dans la ville de Juba au Sud Soudan. Pour cela, nous embauchons deux personnes aux profils très complémentaires : Jérôme Servot, un ex-militaire et Olivier Michel, un ex-humanitaire de Médecins Sans Frontières. Leur mission : tisser des liens avec les autorités et les ONG locales et faire de la pédagogie pour rendre Total incontournable sur cette question du Bloc B. Jérôme part le premier pour ouvrir la voie avec un téléphone satellite et de l’argent liquide, car là-bas, on ne trouve ni distributeur de billets, ni terminal de carte bancaire. Sa première mission consiste à préparer le terrain : trouver un bureau sécurisé, un logement décent et un chauffeur fiable. Avec Olivier, ils alterneront avec des rotations de quelques semaines sur place de 2006 à 2009.

Je me rappelle de moments mémorables comme ces rendez-vous avec les autorités locales dans une maison en piteux état et ouvert à tous les vents, ou encore, de ces soirées où nous nous retrouvions pour boire une bière à l’abri d’un tukul, cette hutte traditionnelle, au bord du Nil Blanc. Ou encore la rencontre entre Salva Kir et Riek Machar d’un côté et Yves-Louis Darricarrère ainsi que Jean Privey de l’autre que nous avions eu tant de peine à mettre sur pied et qui s’est déroulée de façon glaciale. L’épopée durera jusqu’en 2009. La guerre civile a malheureusement repris. Jérôme et Olivier, devenus de vrais amis, ont dû quitter le Sud Soudan sans que nous ayons pu entreprendre les moindres travaux d’exploration sur le Bloc B. En dépit cet échec, cette épopée soudanaise restera une aventure magnifique. Humaine et professionnelle. De celle qui fait qu’on aime passionnément ce métier de l’Exploration Production avec des rencontres uniques si enrichissantes.

Et qui sait ? Peut-être qu’un jour, Total extraira du pétrole au Sud Soudan...

One Total, our values
Respect de l'autre, Esprit pionnier, Force de la solidarité

Commentaires

Pour commenter ce témoignage, connectez-vous ou créez un compte.

Vous souhaitez partager votre expérience en lien avec ce témoignage ?

Compléter ce témoignage

Vous avez également contribué à l’Histoire de Total ? Partagez votre témoignage !

Participer à la galerie de témoignages