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La découverte d’un gisement à BENFICA

Ce témoignage de Jean Pierre Amory est repris du livre  "TOTAL EP EN ANGOLA - PIONNERS EN 1953 - LEADERS EN 2013"

« Je suis arrivé en Angola en février 1955. […] C’était un dimanche, la ville de Luanda ressemblait à une petite ville portugaise avec des toits rouges, des façades blanches. Elle était magnifique quand on arrivait en avion. On était accueillis sur une piste qui n’était pas encore asphaltée… Je faisais partie des quelques jeunes ingénieurs envoyés en Angola où le département Exploration de Petrofina disposait pour dix ans d’une concession de recherche sur 32 000 km2, essentiellement onshore. En un an et demi, les géologues avaient déjà dressé les cartes et relevés géodésiques, ils avaient effectué de la gravimétrie et quelques lignes sismiques. À l’époque, ce type de technique était considéré comme révolutionnaire. Pour découvrir le champ de Benfica, nous avons dû faire beaucoup de sismique et, au début, nous avions très peu de moyens : une douzaine d’hommes qui se déplaçaient avec de petites charges, creusaient des trous à un ou deux mètres de profondeur et puis tiraient les lignes. Et pour interpréter cette sismique, un ingénieur américain faisait tous ses calculs à la main. C’était avec des moyens vraiment très rudimentaires !

Nous avions commencé à forer dans la région de Benfica à l’aide d’une sonde, achetée en Allemagne, capable de forer jusqu’à 1 800 m de profondeur… Mais nous nous sommes rapidement rendu compte qu’à 1 800 m, on ne trouvait rien. Petrofina a donc commandé aux États-Unis du matériel beaucoup plus puissant, d’une valeur de plus d’un million de dollars. Pour ce prix, nous avons eu la Rolls Royce des appareils de forage avec 4 moteurs de 100 chevaux, des transmissions hydrauliques et tout ce qu’on peut imaginer !

On a foré deux puits – Benfica 1 et 2 – sans grand succès. Benfica 3 en revanche a fini par produire de l’ordre de 500 000 barils en quelques années. Ce n’était pas le bon objectif, mais cela prouvait qu’on pouvait trouver du pétrole en Angola. Car lorsqu’on lance un programme de recherches aussi important, on aime pouvoir expliquer à son conseil d’administration que, certes, on dépense de l’argent, mais avec une sérieuse chance de trouver quelque chose. Nous n’avons donc pas lésiné sur la publicité et, le forage de Benfica 3 à peine terminé, nous avons tourné un film où on voyait jaillir le pétrole.

Notre découverte fut la grande nouvelle du Congrès mondial du pétrole de Rome, au mois de juin 1955, parce qu’on pensait à l’époque qu’il n’y avait pas de pétrole au sud du Sahara ! Nous avons trouvé du pétrole et, à partir de ce moment‑là, si nous voulions être de véritables pionniers, il fallait construire une installation pour raffiner notre brut. Nous avons donc pris la décision de construire une petite raffinerie en 1958, d’une capacité de 10 000 barils/jour au départ. C’était une simple tour de distillation avec un peu de condensation, mais c’était une première en Afrique. La capacité a été augmentée pour être portée à 40 000 barils/jour et ce, en dépit de l’instabilité qui régnait avant l’indépendance. »

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Exploration

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