Raffinage, Ressources humaines | - France, Afrique du sud, Monde

Ma passion ? La sociologie des groupes, les équilibres dans l’entreprise

Je suis rentrée chez Total en 1989, par hasard… J’avais répondu à une seule annonce et lorsque j’ai été convoquée pour un entretien, je ne savais plus très bien si j’avais postulé chez Total ou Toyota… Sociologue de formation, spécialiste de l’entreprise, j’avais débuté ma carrière dans un institut de recherche privé (Human Sciences Research Council) en Afrique du Sud. J’y suis restée trois ans avant de rejoindre la filiale Raffinage Chimie de Total à Johannesburg où j’ai occupé successivement les fonctions de Human Ressources Officer, Information Systems Analyst, Organisation Development Manager, Commercial Marketing Transformation Manager avant de devenir la DRH de la filiale en 2003. Un panorama RH à 360° !

 

Réinventer les RH à l’heure du Black Economic Empowerment

Les années 2000 ont été marquées en Afrique du Sud par une volonté forte de réduire les inégalités liées à l’apartheid. Les mines et les entreprises pétrolières ont été les premières visées par le Black Economic Empowerment mis en place par le gouvernement de Nelson Mandela. Ce dernier nous a demandé nos objectifs à 5 ans en matière de rééquilibrage de la diversité (noirs, blancs, hommes, femmes, ethnies…). Une fois les ambitions annoncées, nous ne pouvions plus revenir en arrière, le renouvellement de notre licence pour opérer en dépendait ! Avec le recul, je dirais que cette période a généré beaucoup de créativité au sein des RH… Nous étions sur tous les fronts – recrutement, formation, mentoring, coaching… – pour identifier des potentiels, accompagner le changement, intégrer les cultures, faire de la diversité une opportunité… Tout était à inventer ! Par la suite, j’ai participé à de nombreux séminaires Groupe dans lesquels j’ai expliqué la démarche de la filiale, considérée comme l’un des « laboratoires de la diversité » du Groupe.

 

Un billet pour la France

En 2007, j’ai commencé à prendre des cours de français, une heure par semaine. Un an plus tard, on m’a proposé une expatriation en famille à Paris. Pendant trois ans, j’ai occupé la fonction de responsable de la formation managériale et leadership pour la holding. Ce qui était intéressant pour moi, c’était le changement de périmètre et la découverte de la culture Total en France… Plutôt familiale, déclinée au masculin plus qu’au féminin, orientée ingénieurs, encore ancrée dans une hiérarchie verticale… Dans ce premier poste à l’international, j’étais sur mon cœur de métier, le développement personnel des collaborateurs. J’ai découvert une autre facette du combat pour la diversité : la féminisation et l’internationalisation des équipes. En 2010, je suis devenue responsable RH de Bostik, une filiale cédée depuis, qui vendait des colles dans quelque 45 pays. Un poste très opérationnel. Le directeur ne me parlait qu’en français pour que j’améliore ma maîtrise de la langue… Aujourd’hui, je le remercie !

En 2013, retour en Afrique du Sud pour deux ans, en tant que Directrice Générale de la filiale Total Coal South Africa (200 salariés), qui produisait du charbon. Une activité en cours de cession et des enjeux importants en termes de sécurité, les incertitudes sur le repreneur étant une source de stress pour les collaborateurs. Mes compétences en accompagnement du changement m’ont permis d’assurer la transition sans accident, notre objectif numéro un.

 

Le challenge des relations sociales « à la française »

Et puis, il y a trois ans, on m’a confié une nouvelle mission en France, en tant que Senior Vice President Human Ressources & Communication de la branche Raffinage Chimie. J’ai fait mes premiers pas dans les relations sociales auprès des syndicats français dans les raffineries… Je partais avec quelques handicaps - le fait d’être une femme, de ne pas être française et parfois d’avoir des difficultés avec la langue – que j’ai transformés en atouts pour instaurer un climat d’écoute. Je ne veux pas entrer dans des relations polémiques, j’ai fixé de nouvelles règles, nos échanges doivent rester calmes, respectueux et corrects. Si le ton monte, on fait une pause

 

Plus de femmes dans les équipes

La féminisation est plus que jamais une priorité pour les RH. Nous développons des initiatives pour atteindre un meilleur équilibre dans les métiers techniques et dans les comités de direction, pour améliorer les conditions de mobilité, pour mieux anticiper les besoins de demain… Nous avons mis en place un dispositif une femme/un sponsor pour faciliter les parcours. Nous constituons aussi un vivier de femmes à potentiel, formées et accompagnées pour prendre des responsabilités. La gestion des ressources humaines est en mutation, de plus en plus ouverte. Jusqu’ici, en France, les gestionnaires de carrières avaient les pleins pouvoirs sur l’attribution des postes ; aujourd’hui cette approche évolue avec la démarche Better Together, pour que les managers puissent construire eux-mêmes leurs équipes. Un parcours riche… A aucun moment je n’ai imaginé quitter cette entreprise dans laquelle j’ai vraiment trouvé ma place en tant que femme !

One Total, our values
Respect de l'autre, Force de la solidarité

Commentaires

Pour commenter ce témoignage, connectez-vous ou créez un compte.

Vous souhaitez partager votre expérience en lien avec ce témoignage ?

Compléter ce témoignage

Vous avez également contribué à l’Histoire de Total ? Partagez votre témoignage !

Participer à la galerie de témoignages