Chimie de spécialités, Pétrochimie, Raffinage | - Belgique

Mon objectif de carrière: être au cœur du business

Je suis diplômée de l’université de Gand en 1978 en « chemical engineering ». J’ai postulé pour rentrer chez Petrofina comme chercheur dans le domaine du cracking catalytique. C’était dans ce contexte qu’un stage à la raffinerie d’Anvers était organisé . Entrer dans le monde de l’industrie n’était à l’époque pas évident pour une femme. Le premier jour, mon nouveau responsable m’a accompagnée à la raffinerie. C’est alors que le personnel à l’entrée a dit à mon manager « Monsieur, votre femme ne pourra pas rentrer dans la raffinerie…. ». Sourires. Il a répondu que j’étais nouvelle embauchée pour venir travailler à la raffinerie. Mais le garde a dit « ah non, ça ne va pas être possible, une femme ça porte malheur…. ». Heureusement le chef du laboratoire est venu m’accueillir et après un petit moment j’ai pu entrer dans le site. Mais cela montre le contexte de l’époque où aucune femme n’était en poste dans ce site industriel… J’étais la première femme à entrer comme ingénieure dans cette raffinerie ! Et pourtant j’y suis restée plusieurs années , je ne suis pas retournée à la recherche.

J’ai d’abord travaillé sur un projet digital en automation de la raffinerie . Mais mon objectif était de travailler dans la production et en 1984, quand j’ai affirmé ce souhait, il était encore difficilement concevable d’avoir une femme dans ce métier. J’ai donc poursuivi mon parcours dans la planification en programmant les productions du site. Les choses ont changé en 1987 avec l'arrivée d'un nouveau patron américain, Wain Brenckle, qui lui, ne voyait aucun souci à nommer une femme en production. Je deviens alors chef de production durant six ans, avant d'enchaîner sur le développement de grands projets, notamment la nouvelle unité des aromates et l’unité de cogénération. C’est pendant cette période que la fusion entre Total et Petrofina a eu lieu. Cela a été pour moi un tournant dans ma carrière parce que quelques mois plus tard, j’ai quitté Anvers pour devenir chef de projet de la nouvelle unité de polypropylène à l’usine de Feluy, le projet PP3. J’avais au fond très peu d’expérience dans la gestion des projets, donc c’était quand-même un risque à prendre et je l’ai pris. Il y a peu étapes décisives dans une vie professionnelle , il faut savoir saisir les opportunités qui se présentent. Entourés d’une bonne équipe, nous avons mené ce projet à bien et cette unité a été un grand succès pour le site dès le début.

J’avais maintenant l’expérience requise pour réaliser mon rêve : devenir chef de site. En 2002 je suis retournée à Anvers comme chef de site de Total Polymers Antwerpen, l’usine de polyethylène . J’y avais une équipe de 200 personnes et ensemble, nous avons démarré le projet Gemini.

Après un passage aux achats, j’ai pris le management de l’usine d’oléfine d’Anvers en 2008 et finalement je suis devenue general manager de la plateforme d’Anvers après la fusion du Raffinage et Pétrochimie en 2012.

Même si les barrières sont toujours là et que les femmes doivent, encore plus que les hommes, faire leur preuves dans l’industrie et dans cet univers particulièrement masculin, les choses évoluent et des opportunités sont à saisir. De belles carrières sont à embrasser.

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