Vie de la société | - Iran

Projet SOUTH PARS : la découverte de Téhéran et ses habitants

J’ai été recrutée dans le Groupe en 1997 en tant que spécialiste instrumentation, puis j’ai évolué vers le métier Projet.

Ma 1ère mission en Iran a eu lieu en 1998 dans le cadre du projet South Pars 2&3, projet pour lequel j’ai travaillé en France et en Corée du Sud.

J’ai eu l’occasion d’aller en Iran pendant les phases d’études et d’exécution, pour des missions d’une durée d’une ou deux semaines.

La vie quotidienne là-bas était très différente de ce que l’on pouvait raconter à l’époque dans les médias occidentaux. Ce qui m’a surpris en arrivant là-bas la 1ère fois, c’est que je devais porter le voile tout le temps, en tout lieu, même dans l’hôtel international et pas seulement dans les lieux publics. J’ai donc décidé d’investir et d’en acheter un. J’ai opté pour un « manto » noir (voile iranien), classique, pour être sure que cela convienne à toutes les circonstances, accompagné d’un foulard.

Dans les locaux de Total et de la NIOC (National Iran Oil Company), organisme gouvernemental avec lequel nous travaillions, les femmes diplômées en études supérieures étaient aussi nombreuses que les hommes. J’ai eu la chance de pouvoir échanger avec des femmes ingénieurs géologues et électriciennes.

Par contre, lors des repas, hommes et femmes étaient séparés. Je me souviens d’un midi, où je suis descendue manger à la cantine, accompagnée de collègues hommes qui sont partis s’assoir dans la zone « hommes », séparée par des paravents. J’étais la seule occidentale dans la zone « femmes ». Heureusement, quelques femmes m’ont rejoint pour discuter, certaines parlaient français, et nous avons beaucoup échangé. Nous parlions de notre vie de famille, de nos carrières, etc. Le français a beaucoup de prestige en Iran et elles voulaient me montrer ce qu’elles connaissaient, elles se sont donc amusées à me chanter des chansons françaises, ce qui était surprenant dans une cantine. Nos échanges étaient très joyeux et mes collègues masculins, en nous entendant m’ont envié!

J’ai remarqué lors de mes missions que les iraniens avaient une grande admiration pour la culture et l’histoire françaises. J’ai rencontré dans les bureaux ou en me promenant dans les rues (voilée mais toute seule) beaucoup de personnes cultivées, en littérature, en musique et possédant une bonne culture générale. Je n’ai ressenti aucune animosité que ce soit vis-à-vis des occidentaux ou des non musulmans, mais plutôt un accueil très chaleureux. Je n’étais pas la seule à le constater, même le responsable de la filiale et sa femme, qui y habitaient depuis un certain temps, partageaient le même sentiment que moi ! C’était très différent de l’image d’intégrisme et de sous-développement que véhiculaient les médias en France à l’époque sur l’Iran. De plus, même en tant que femme et européenne, j’étais écoutée comme un ingénieur lambda.

Cette expérience m’a particulièrement marquée car aujourd’hui, j’ai dans l’idée que quelles que soient les rumeurs ou les avis sur un pays ou une culture, ce que l’on découvre par soi-même sur place peut être très différent.
 

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