Exploration - Production | - Algérie

Une embauche pas comme les autres...

En 1968, j’ai quitté l’Algérie afin d’aller m’installer à Paris avec ma femme pour un poste chez Alcatel. C’était l’époque des grandes réorganisations, il y avait beaucoup de grèves, et une atmosphère particulière que je n’aimais pas particulièrement. Un jour de janvier 1969, en parcourant le journal Le Monde, une annonce m’interpelle : « la Compagnie Française des Pétroles d’Algérie recrute des ingénieurs toutes formations au Sahara ».

Je leur réponds immédiatement. Ma femme surprise, m’a demandé pour quelle raison j’étais intéressé par ce poste alors que nous venions de quitter l’Algérie. En réalité j’étais curieux de connaître le processus de recrutement.

En février j’ai été reçu par Jean-Claude Neyrolles au 8, Rue des Graviers à Neuilly, siège de la CFPA. Quelques temps plus tard ce fut par le DRH, Monsieur Coulomb, qui me déclara à la fin de l’entretien : « vous avez un profil de pétrolier ». Par la suite, j’ai enchaîné les entretiens sur plusieurs semaines sans conviction et en prenant mon temps.

Deux mois plus tard, un magnifique jour d’avril, je me promenais Boulevard des Capucines. Je tombai alors nez à nez avec Khaled Madaoui, un ingénieur réservoir avec qui j’avais partagé les bancs de la FAC. Il était en compagnie d’un autre ingénieur de CFPA, Mr Aurignac. Nous nous assîmes et il m’expliqua le processus de recrutement à la CFPA : je serais reçu à Neuilly par le Directeur Technique : C. Rederon. Il m’expliqua que les conditions de vie à Hassi Messaoud n’étaient pas évidentes, le climat et la vie en célibataire ne convenant pas forcément à tout le monde. Aussi, il fallait envisager un voyage de 3 jours sur place pour voir les conditions de travail et l’environnement et juger par moi-même.

En réalité, me dit Khaled Madaoui, la vraie raison de ce voyage était de savoir si ma personnalité plairait aux gens sur place car la décision de recrutement passait obligatoirement par le feu vert du chef de District.

J’ai donc pris la caravelle de relève entre Paris et Hassi Messaoud, arrivée tardive et me voilà dans une cabine du 16ème (cadre de vie des Ingénieurs). Le lendemain matin, présentation au chef de district et aux différents responsables de service.

A l’heure du déjeuner, on me conduisit à la salle des cadres, un restaurant comme on ne l’imagine pas en entreprise à Paris. Sur les conseils de Khaled, je commandai 10 bouteilles de Mascara (vin rouge algérien) pour tous les Ingénieurs y compris le chef de district. Au-delà des attentes, leur réaction fut relativement positive. J’avais rendez-vous ce jour-là à 17h avec Jean Paul Drouin, Chef de district qui envoya un télex à Paris pour confirmer son accord de recrutement. C’est dans ce contexte un peu particulier que j’ai finalement été recruté !

Aujourd’hui, lorsque l’on me demande comment j’ai intégré la CFPA je réponds : avec 10 bouteilles de Mascara !

L’ex-président Serge Tchuruk en a fait l’expérience...

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