Exploration - Production | - Bolivie

Yariapo : une opération hors du commun!

Début juillet 1995, le battement sourd d'un hélicoptère Puma retentit au dessus de la forêt vierge de la vallée du Tuichi: l'opération Yariapo vient de commencer. Premier forage d'exploration de Total en Bolivie, Yariapo est situé sur le bloc Madidi. Celui-ci couvre environ 15 000 km2 de "foothills" et a été très peu exploré jusqu'à présent, principalement à cause de la difficulté d'y accéder et donc du coût des opérations. De plus l'éloignement des marchés rend toute découverte de taille moyenne non éco­nomique: il fallait donc y chasser un géant comme Camisea découvert par Shell au Pérou dans des conditions simi­laires.

Le site choisi pour le premier forage d'exploration de Total en Bolivie se trou­vait à 350 km au nord de La Paz dans la vallée du Tuichi, séparée de la plaine amazonienne par la Serrania de Mamuque, dernier contrefort des Andes qui s'élève à 1200 m. Comme le reste du bloc, cette zone est couverte de forêt vierge. Mis à part un village de 200 Indiens situé à 20 km en amont, la vallée est inhabitée et ce qui explique son état de préservation et le fait qu'elle soit considérée comme l'un des 10 éco­systèmes les plus riches de la planète. Il était donc primordial de protéger la forêt des impacts négatifs pouvant être géné­rés par une opération de forage. C'est donc tout naturellement que l'héliporta­ge a été choisi comme moyen d'accès au site, une route se révélant aussi chère à construire et à entretenir avec un impact considérable sur l'environnement lié en particulier à la colonisation.

Les moyens mis en oeuvre pour assurer la logistique d'une telle opération étaient considérables :

- 3 hélicoptères lourds: deux Pumas et un K-Max. Chacun des hélicop­tères pouvait emporter environ 2,7 t sur 20 km, distance entre la base logis­tique et le site de forage. - 2 barges en bois d'une capacité de 40 t construites localement et permettant de faire traverser le Rio Beni (800m de large) aux camions venant de La Paz. - la construction d'une base logistique accessible par la route de La Paz et située à 20 km du site de forage, de l'autre côté de la Serrania.

Quelques chiffres résument bien l'am­pleur de cette logistique :

- 3350 rotations d'hélicoptères repré­sentant 1100 h de vol et 6680 t trans­portées - 6000 traversées de barges

Le puit ayant une profondeur finale pré­vue de 5500 m, il n'était pas possible d'utiliser un appareil léger de type "slim-hole". Il fallu donc mobiliser un hélirig lourd depuis les Etats Unis et le trans­porter par la route en août-septembre 1995 de la côte chilienne jusqu'à la base logistique. Depuis La Paz seuls des camions courts pouvaient être utilisés car le trajet emprunte une piste à voie unique taillée à flanc de montagne (avec précipices de plusieurs centaines de mètres: émotion garantie !) et qui des­cend de 5000 mètres jusqu'à la plaine. Afin d'éviter les retards, il était impératif d'ef­fectuer ce transport avant le début de la saison des pluies (novembre) qui rend les pistes de montagne très dangereuses à cause des éboulements et celles de la plaine souvent impraticables, les rivières ne pouvant plus se passer à gué après de fortes pluies (les ponts sont rares !).

Au total près de 200 camions furent uti­lisés pour transporter l'appareil de fora­ge jusqu'à la base où il fut démonté en colis de 2,5 T maxi avant d'être hélipor­té sur le site et remonté, ce qui nécessita près d'un mois de travail.

L'héliportage n'était que l'un des aspects des mesures de protection de l'environ­nement mises en oeuvre par les équipes d'opérations avec l'assistance de spécia­listes. Dans la famille forage donnez nous les foreurs aux doigts verts ! A noter que le forage "zéro impact envi­ronnement" n'est que l'une des nom­breuses cartes venues s'ajouter à notre jeu, au même titre que les cartes "grand déport", "multidrains", "petit dia­mètre",...

Il faut aussi noter qu'un dialogue permanent a été entrete­nu avec les associations écologiques pré­sentes en Bolivie et les populations locales afin d'informer clairement sur le déroulement de nos opérations et en particulier sur les efforts réalisés pour protéger la forêt.

Le forage se déroula du 28 octobre 1995 au 28 février 1996, date à laquelle le puit fût abandonné à 4258 mètres après avoir reconnu le premier objectif qui se révéla négatif.

La plupart des opérations ont donc été conduites durant la saison des pluies dont la période la plus intense va de janvier à mars, rendant les conditions de travail particulièrement pénibles à cause en particulier de la boue omniprésente après chaque pluie. Les périodes plu­vieuses rendaient également les vols d'hélicoptères plus difficiles car la Serrania était souvent couverte de nuages bas qui rendaient son franchissement impossible. En supplément le personnel devait essayer de se protéger des insectes particulièrement oppressants le matin et le soir. Parmi les insectes il faut souligner la présence du "phlébotome", un petit moustique volant près du sol et qui transmet le parasite de la leishmaniose.

Finalement si le forage de Yariapo s'est soldé par un échec, il a tout de même permis de montrer que Total était capable de réaliser une opération aussi difficile dans les temps et budgets impartis avec un respect de l'environnement qui fait maintenant référence dans la région.  Chacun de ceux qui ont eu la chance de participer à cette opération gardera un souvenir fort de cette opération hors normes dans un pays très attachant car resté authentique. 

One Total, our values
Sécurité, Force de la solidarité

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