La raffinerie de Provence

Tiré du livre Si la Raffinerie de Provence nous était contée... 1935- 1985 sorti à l'occasion des 50 ans de la raffinerie en 1985.

La naissance de la Raffinerie (1931-1935)

Dès sa création, la C.F.R. décide de construire une raffinerie sur le littoral méditerranéen. C'est en effet la façade maritime française la plus proche du Moyen-Orient, région qui renferme à cette époque l'unique ressource pétrolière de la C.F.P.

L'autorisation préfectorale de construction est obtenue dès 1931.

La C.F.R. envisage d'abord la construction à Port-Saint-Louis-du-Rhône. Puis la Compagnie de Saint-Gobain propose à la C.F.R. le rachat de la Raffinerie de Berre, en exploitation depuis peu. Cette raffinerie ne semble pas bien fonctionner et la C.F.R. décline. Enfin, la C.F.R. choisit le site de La Mède, en bordure de l'étang de Berre.

L'étang de Berre, naturellement en communication avec la Méditerranée par l'étang de Caronte, est ouvert depuis 1932 aux cargos de 10.000 tonnes, après creusement du canal de Caronte à l'initiative de la Chambre de Commerce de Marseille

 

La Raffinerie de Provence en construction
La Raffinerie de Provence en construction

 

En avril 1934, les premiers travaux de construction sont engagés. Le projet comporte:

  • Une distillation combinée, atmosphérique et sous vide, de 1.500 t/j,

  • Une unité mixte de conversion : cracking et reforming thermique

  • Une unité de raffinage

  • Une redistillation d'essence.

Le premier bâtiment construit est la Centrale avec ses 3 chaudières Ladd. Ce bâtiment ainsi que le laboratoire, le garage et la direction sont en 1985 les seuls vestiges de cette époque.

Parallèlement, est menée la construction de cités pour le logement du personnel d'encadrement, ingénieurs et agents de maîtrise, sur l'emplacement du Clos Valmont et à La Mède au lieu-dit "La Pradine". 14 mois après l'ouverture du chantier, la raffinerie est prête au démarrage.

L'allumage des feux de la distillation atmosphérique a lieu le 8 Juin 1935. Le brut traité, provenant de l'Irak, est apporté par des tankers de 10 kt à 12 kt.

La distillation sous vide et le cracking sont démarrés respectivement en août et en septembre 1935. Les produits sont repris par  une multitude de clients, MATTEI, UPM, DESMARAIS, etc... TOTAL n'apparaîtra que 20 ans plus tard.

Le personnel ouvrier a été recruté sur place et formé sur le tas. Il s'est signalé par une grande capacité d'adaptation. La raffinerie bénéficie de l'aide de maîtrise de la raffinerie soeur-ainée de Normandie, forte de ses deux ans d'existence. En septembre 1935 la raffinerie comporte déjà 398 employés.

 

L’avant-guerre (1935-1939)

La vie à la Raffinerie

Dès le démarrage de l'usine, une grande majorité du personnel a ressenti le désir de partager des activités extraprofessionnelles, récréatives, culturelles, sportives, sociales. On peut dire que l'esprit "maison" qui a toujours régné à RP date de cette époque.

Ces activités sont organisées et animées par le "Cercle Français des Raffines". On ne peut parler d'activités sportives à l'époque sans évoquer l'épopée glorieuse de l'équipe de basket féminine qui alliait l'adresse et la grâce. Il n'avait fallu que deux familles pour constituer cette équipe : elle était en effet composée des 3 soeurs MASSONE — dont l'une deviendra secrétaire de direction et aura le privilège, à ce titre, de côtoyer 9 directeurs —et des 2 filles d'un douanier attaché à l'U.P.M.

Les jeunes résidents des cités ne sont pas oubliés : une section gymnastique est rapidement créée et ses démonstrations sont appréciées lors des fêtes enfantines organisées par le Comité Féminin. Des séances de cinéma sont montées —ce n'était pas une mince affaire à l'époque — à la Pradine, en plein air.

Mais le clou des activités du Cercle est sans conteste la fête annuelle de la Pradine. Quelle fête ! Précédée la veille au soir d'une retraite aux flambeaux et d'un bal, elle dure tout le dimanche : se succèdent concours de boules, concours de vachettes, avec "charlottade", démonstrations de gardians de Camargue, concours de chants... Le Cercle avait aussi des activités à caractère social telles que l'aide aux jeunes mères ou aches communautaires. C'est ainsi qu'il organisait des achats groupés de charbon qu'on allait chercher directement à la mine.  Ce Cercle participe aux démarches d'affiliation du personnel de R.P. à la Mutuelle des Pétroles du Sud-Est.

Le Cercle Français des Raffines a bien contribué à resserrer les liens entre les membres du personnel. Cet "esprit de corps" s'était bien sûr créé et renforcé autour des installations que chacun s'efforçait d'exploiter dans les meilleures conditions. Leur conduite n'était pas facile : les appels aux Ingénieurs, aux Agents de Maîtrise, et au personnel spécialisé étaient fréquents à toute heure pour faire face aux incidents : la solidarité du personnel n'était pas un vain mot.

Equipe feminine de basket ball
Equipe féminine de basket-ball de la Raffinerie​​​​​​

 

Un grave accident survient en février 1936 : un feu consécutif à l'éclatement d'une tuyauterie ravage le cracking : 2 morts sont déplorés. On renforce les contrôles du matériel aux arrêts, mais il s'agit de contrôle manuel, les moyens dont nous disposons actuellement sont loin d'être connus. La raffinerie fabrique de l'asphalte à la distillation sous vide : le produit est tout simplement coulé dans une fosse de stockage où il se solidifie. On le reprend ensuite à la pioche et à la pelle pour le charger dans des fûts.

En 1938 démarre la construction du cracking 2. Il s'agit d'une unité combinée qui constitue en elle-même une raffinerie complète. C'est à l'époque l'installation la plus moderne au monde. Le cracking 2 comporte distillation atmosphérique et sous vide, viscoréducteur, cracking et reforming, raffinage des essences sur terre décolorante, redistillation. Sa mise en exploitation va doubler la capacité de l'usine, complétée également par une débutanisation des essences du cracking 1 et un conditionnement du butane en bouteilles.

Le cracking 2 est en marche productive le jour de Pâques 1939. Il y aura par la suite d'autres démarrages un jour férié : ainsi naîtra la légende des démarrages aux "fêtes carillonnées" par le plus grand des hasards.

Les différentes unités qui composent le cracking 2 sont totalement intégrées, il n'y a pas de stockage intermédiaire. Cette disposition économique nécessitait une vigilance accrue du personnel et un contrôle de tout instant du produit. Le laboratoire est beaucoup sollicité. 

RP est une usine très moderne à l'avant-garde de la technique du moment. Les économies d'énergie ne sont pas négligées, comme le témoigne l'installation d'un système très complexe de recompression des gaz provenant du stockage de brut. Sans doute le système est-il trop élaboré ; les performances ne sont pas à la hauteur des espoirs.

Au même moment, une puissance étrangère réussit à saboter un réservoir de la raffinerie. De l'essence dévale vers le canal du Rove, par lequel il rejoint la rade de Marseille. Tel un feu grégeois, la nappe s'enflamme et vient embraser Nrüseille...

 

La Guerre (1939- 1945)

Un important contingent du personnel de la raffinerie est mobilisé en mai-juin 1939. Les installations continuent de tourner avec des effectifs réduits, dans les conditions imposées par le "black-out" et la "défense passive". La raffinerie est camouflée, les réservoirs ceinturés de protections en béton.

Un petit groupe d'alsaciens repliés de la raffinerie de PECHELBRONN vient en renfort : ils sont appréciés ici, bien que la communication ne soit parfois pas facile, certains alsaciens ne parlant que le dialecte.

Les nouvelles des uns et des autres arrivent chez les mobilisés par le journal d'entreprise "LOU RAFFINAIRE PROUVENCAU", lien très apprécié avec la raffinerie.

La C.F.R. se soucie des familles des mobilisés : un demi-salaire leur est versé.

La Raffinerie en feu après les bombardements
La raffinerie en feu après les bombardements de juin 1940.

 

Le 4 juin 1940, une attaque aérienne est engagée contre la raffinerie : le village de La Mède est touché ainsi que plusieurs réservoirs de la raffinerie. Ceux-ci s'embrasent et le feu durera 48 heures. Une bombe tombe de plein fouet sur la robe d'un réservoir plein d'eau qui éclate littéralement. De l'eau jaunâtre déferle dans la raffinerie, on la confond avec du gasoil et on s'attend au pire. L'usine doit s'arrêter faute de brut au début de l'année 1941: le dernier tanker reçu a déchargé du brut américain. La raffinerie va vivoter pendant la durée de la guerre, elle traite ses propres fonds de réservoirs, mais aussi ceux reçus de la raffinerie de Normandie ainsi que de la raffinerie de Frontignan, pour en extraire de la cire.

Les pouvoirs publics, préoccupés par l'approvisionnement en huiles, confient à la raffinerie la récupération des huiles usagées.

Un traitement de cailloux asphaltiques provenant du Gard est mis en route : on a construit pour cela un petit "haut fourneau". Le peu d'huile présent dans la matière première sert surtout à réchauffer les cailloux, le rendement de l'opération est proche de zéro. En fait, il s'agit d'occuper le personnel, renforcé par les effectifs repliés de la raffinerie de Normandie, du laboratoire central de Paris et du Siège Social, surtout après l'invasion de la zone libre. L'objectif est en effet d'éviter que le personnel ne soit enrôlé de force dans le S.T.O. (Service du Travail Obligatoire) en Allemagne. On poursuit quelques activités de construction : les installations de Polymérisation et de Préparation des Charges sont montées.

La C.F.R. va se lancer dans des activités industrielles plus en harmonie avec ses compétences : ce sera la création des Etablissements du Comminges dans le Sud-Ouest, près de Saint-Gaudens, établissements où se retrouvent une partie du personnel de R.P., de R.N. et du Siège Social.

A Boussens, on loue une ancienne poudrerie que l'on convertira pour fabriquer 2 types d'huile :

  • Une huile de graissage dite huile F pour la lubrification des hauts de cylindres des machines à vapeur : il s'agit d'une huile de synthèse, de fabrication complexe et dangereuse utilisant le chlore,

  • Une huile isolante pour transformateur obtenue par pyrolyse et hydrogénation de la colophane des Landes.

A Peyrouzet, on construit une usine de "dégasolinage" des gaz de pétrole de Saint-Marcet, pour en extraire l'essence et le butane : on utilise du matériel récupéré au Fractionnement des Essences de R.P. Le gaz, une fois "dégasoliné" et débutanisé, est comprimé à 250kg et utilisé comme carburant pour voitures.

Les repliés des Etablissements du Comminges et les prisonniers en Allemagne se retrouveront de nouveau à R.P.

Malheureusement, 9 personnes manqueront à l'appel, victimes de la guerre. C'est à leur mémoire que sera érigée une stèle en 1948, près de l'entrée ouest de la raffinerie.

 

De l'après-guerre aux 30 glorieuses (1946-1978)

 

Peu de temps après la Libération, dès novembre 1944, démarrent les travaux de remise en état de l'usine qui a relativement peu souffert de la guerre. Les travaux sont rendus difficiles par la pénurie de matières premières, il faut se débrouiller... De plus, la raffinerie doit être déminée. Fort heureusement, le plan du minage a pu être récupéré.

Dès la libération, les forces armées utilisent R.P. comme entrepôt pour l'essence provenant des Etats-Unis et destinée aux troupes de libération. Le carburant est déchargé à Port-de-Bouc et pompé vers R.P. par des tuyauteries à joints Victaulic posées à même le sol.  En mai 1945, le premier pétrolier de l'après-guerre est déchargé.

En août, on allume le four de la section distillation du craqueur 2. Celui-ci est en marche productive complète en septembre. On dispose d'électricité grâce aux centrales hydro-électriques, dont certaines doivent leur maintien en état à des actions audacieuses menées par des maquisards contre les forces d'occupation à la fin de la guerre. On dispose de l'aide efficace de la maîtrise de la raffinerie de Normandie qui, pendant la guerre, a été totalement démolie ou démantelée.

En décembre 1945, la D1 est elle aussi en marche. Cela n'a pas été sans mal, la tour principale s'étant révélée complètement bouchée...

A la suite des Ordonnances Sociales de mai 1945, comme dans toutes les usines françaises, le C.E. prend sa fonction. Monsieur DOUCE, ingénieur, en est le premier secrétaire. Les tâches du C.E. étaient encore mal définies, mais il débordait d'activité. Il organise la fête du retour des prisonniers. Il remet en service la Coopérative et prend en main le problème  du ravitaillement. C'est l'époque du système D, du "marché noir" ou encore du "troc" de quelques denrées particulièrement rares contre des bons d'essence.

Un groupe musical est créé à R.P. et prête son concours à l'animation des bals, matinées enfantines, arbre de Noël. Il y a une section de jazz, baptisée pompeusement le Raffi Symphonic Jazz. Il se crée une petite troupe de théâtre à forte participation de personnel C.F.R., qui donne des représentations très appréciées lors des fêtes de la Pradine.

Au fil des ans, le traitement de la raffinerie progresse : il atteint 1.000.000 tonnes en 1946 et dépasse avec 1.300.000 tonnes en 1948 le traitement annuel d'avant-guerre. On fait feu de tout bois pour traiter le maximum de pétrole brut, on utilise le cracking 1 en distillation. On néglige un peu, à vrai dire, la qualité de l'essence au bénéfice de la quantité.

La période 1949/1971 voit un développement considérable de la capacité de production de l'usine, depuis la construction de la Distillation n° 2 jusqu'à celle de la Distillation sous-vide D5.

La Distillation 2 est mise en production en 1950, la capacité de distillation de l'usine est alors portée à 3.000.000 t/an. Cette capacité sera doublée en 1955 lors de la mise en route de la Distillation 3, l'unité la plus importante d'Europe à l'époque. La capacité atteindra 10.500.000 t/an en 1968 à la mise en route de la Distillation 4 : cette capacité est 20 fois supérieure à celle d'origine en 1935 !

Les unités aval vont se développer parallèlement et RP aura le privilège de mettre en service, pour la première fois à la C.F.R. des installations de type nouveau :

  • Le craqueur catalytique Cr3 en 1953,

  • La DGO1, désulfuration catalytique à l'hydrogène en 1957,

  • Le Reforming catalytique Cr4 en 1958, le plus important d'Europe à l'époque : on y utilise pour la première fois à la C.F.R. les aéroréfrigérants, qui seront par la suite généralisés dans les futures unités.

Le procédé de cracking catalytique fluide est peu connu en France ; les préparatifs de démarrage sont délicats. Le programme de première mise en route sera lancé le 14 juillet.

Levage de cheminée du Cracking 3
Levage de cheminée du régénérateur du cracking 3.

 

La production du cracking 3 va permettre à la C.F.R. de fabriquer des essences à haut indice d'octane et répondre ainsi à la demande du marché en Supercarburant à haute performance quelle que soit la saison. La marque TOTAL va pouvoir faire son entrée remarquée. On démarre la fabrication d'essence avion, dont RP a l'exclusivité en France.

En 1957, un évènement grave vient endeuiller RP. Un incendie éclate au parc à réservoirs du raffinage.

A la suite de ce sinistre, on décide de déplacer le port de chargement des camions-citernes à l'UPM, dans la partie Est de l'usine. On construit le nouveau poste central incendie. Le procédé Merox, découvert et mis au point par les équipes du Centre de Recherches de la C.F.R., est adopté pour le traitement des essences en 1957. A la fin de cette même année, on démarre la DGO1, désulfuration du gas-oil, qui devrait permettre à RP d'assurer la qualité en soufre de ce produit.

Le procédé catalytique nécessite de l'hydrogène dont on ne dispose pas encore. Une tuyauterie nous reliant à la raffinerie B.P. de Lavéra permet de nous approvisionner à partir du "Platforming" de notre confrère. Le démarrage de notre reforming catalytique, le cracking 4, nous permet, en 1958 de nous affranchir de cet appoint extérieur. Cette nouvelle unité est équipée du four vertical le plus grand d'Europe à cette époque.

RP s'équipe en gros réservoirs de 60.000 m3, désaffecte le conditionnement en bouteilles du butane, qui, dorénavant, sera assuré au dépôt de gaz liquéfiés de Stogas à Marignane, dépôt approvisionné par pipe à partir de RP. On modernise certains secteurs : les chargements des camions-citernes sont équipés d'un calculateur, la construction du poste automatique CGA de remplissage des wagons-citernes est décidée. On procède au remodelage (appelé "revamping") des anciennes installations pour en accroître la capacité ou en permettre une conduite plus automatisée à partir de salle de contrôle commune. La qualité des bitumes routiers est améliorée par l'utilisation du brut de Boscan. La distillation sous-vide de la Distillation 1 est adaptée pour ce traitement.

Au moment des événements de Mai 1968, une nouvelle tranche d'installations est en cours de construction. La Distillation 4 est démarrée en juillet 1968, le nouveau reforming catalytique - Cracking 5 - et la DGO2 en 1969. Lors du démarrage de la D4, la nouvelle torche n° 4 crache de l'essence et le feu est communiqué aux broussailles en direction de Grand Vallon, un moment menacé. L'intervention des Canadairs stoppe la propagation du feu.

Il faut adapter le cracking catalytique pour le rendre homogène avec les unités de distillation. Des travaux sont entrepris en 1970-1971 pour en doubler la capacité. La modification du régénérateur est particulièrement spectaculaire ; on procède tout simplement à l'échange standard des internes du régénérateur en le décalottant, en extrayant "Dôme", "Plenum Chamber" et "Diplegs" et en remplaçant le tout par un ensemble dont l'équipement a été entièrement monté au sol et qui est ensuite "recaloté" sur le régénérateur. La Centrale 2 est démarrée en 1971, peu de temps avant la Distillation sous vide D5.

La première crise pétrolière a lieu en 1973 ; aucune incidence immédiate sur l'activité de RP, qui continue de fonctionner à sa capacité maximale jusqu'en 1978. Pendant cette période, on améliore la constitution des produits finis par la mise en service de la mélangeuse des fuels - la mélangeuse des essences est déjà en service -.

La récupération des calories renfermées dans les fumées du régénérateur du cracking catalytique est réalisée grâce à la mise en service de la chaudière à CO en 1978.

 

Le contre-coup des chocs pétroliers : la période d'adaptation (1979 -1985)

 

Après 1979, R.P. subit le contre-coup de la réduction de consommation des produits pétroliers. Son traitement de pétrole brut va aller en décroissant 8.175.000 tonnes en 1980, 4.488.000 tonnes en 1983. Le traitement de 1984 sera encore plus faible (3.850.000 tonnes) mais la D4 a été à l'arrêt pendant une grande partie du 4ème trimestre pour travaux de modernisation et d'entretien. R.P. doit s'adapter au marché, qui exige un rendement croissant en essence et en gas-oil, mais également aux problèmes de l'environnement, tels que la réduction de la teneur en soufre des gas-oils et fuel-oils domestiques.

La DGO3 est mise en service en 1980. Les unités d'Alkylation et de Viscoréduction le sont en 1981. Il faut se résoudre à arrêter définitivement la D3 et le Cr4 en début 1983.

L'adaptation de l'outil de raffinage, pour accroître la valorisation des produits et baisser les coûts de fabrication, impose un effort considérable de modernisation dès 1980. Outre les unités d'Alkylation et de Viscoréduction, la modernisation a porté sur les transferts (mélangeuse de gas­oil, simplification des circuits avec suppression des lignes enterrées, suppression de stockages inutiles...) et les expéditions (report sur Lavéra de la quasi-totalité des expéditions par voie d'eau). On utilise des techniques nouvelles en ce qui concerne les automatismes et la conduite à distance : microprocesseurs, postes de contrôle centralisés. Les unités de base de la raffinerie, D4 et Cr5, sont modernisées fin 1984, pour en augmenter les taux de récupération des gaz liquéfiés et le rendement en réformant, et diminuant les consommations d'énergie.

De nouveaux postes de chargement de bitumes entreront en service en 1985. L'outil de production d'énergie ne sera pas en reste : la construction d'un nouveau groupe turbo­alternateur permettra en 1986 l'arrêt définitif des installations de la vieille centrale. Un ensemble énergétique performant qui est bien adapté au nouveau schéma de raffinage.

 

La raffinerie a fermé en décembre 2016 après 80 ans de services. Des travaux de reconversion ont été engagés afin d’en faire la plus grande bio-raffinerie française à échelle mondiale. 

 

 

Vue aérienne pendant les travaux de reconversion
La raffinerie de Provence durant les travaux de reconversion en 2017 (©IMRE Nedim - TOTAL)​​​​